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Nouveaux soupçons de manipulation de cours
Il faut croire que les banques n’apprennent pas de leurs erreurs passées. Quelques-unes en tout cas. Une fois encore, certains grands noms de la finance font l’objet d’investigations pour manipulation de cours. Mais cette fois, c’est au Mexique que l’affaire se situe. La Cofece, la direction de la concurrence du pays, cherche en effet à savoir si certains market makers, qui souscrivent aux emprunts d’Etat mexicains et des entités publiques du pays, ne se sont pas entendus pour déterminer les prix d’acquisition. Ce sont donc sept filiales locales de grandes banques qui sont dans le viseur de l’autorité de la concurrence locale et une fois encore, on y trouve les grands noms du secteur : JPMorgan Chase, HSBC, Barclays, Citigroup et Bank of America auxquels s’ajoutent Banco Santander et Banco Bilbao Vizcaya Argentaria.
Dans les faits, la Cofece a initié cette enquête le 19 avril dernier, pour « des accords tendant à manipuler les cours, à imposer une restriction de l’offre et de la demande, de l’allocation au marché ou sur des échanges d’information sur ce marché ». Dans son avis d’enquête, la Cofece demandait ainsi à toute personne susceptible de l’aider de prendre contact avec elle, tout en soulignant bien que cette investigation ne portait que sur la vérification du respect de la loi. D’ailleurs, aucune des banques visées n’est pour l’heure poursuivie pour faute. Quoi qu’il en soit, le marché visé par cette enquête pèse pas moins de 400 milliards de dollars, une somme non négligeable pour le pays, la Cofece relevant d’ailleurs que de telles manipulations de marché pourraient avoir eu un impact « sérieux » sur les finances publiques.
L’autorité de la concurrence mexicaine pourrait, si elle arrive à démontrer de telles manipulations de cours, imposer des amendes importantes aux intéressées. Le montant maximum de l’amende pour pratiques monopolistiques peut ainsi monter jusqu’à 10% du chiffre d’affaires annuel. Individuellement, les suspects risquent de 5 à 10 ans de prison. Cette enquête pour manipulation de cours n’est pas sans rappeler celles qui avaient été menées en Grande-Bretagne et aux Etats-Unis pour manipulation des taux Euribor et Libor. Des enquêtes qui avaient débouché sur la mise à l’amende de plusieurs banques, dont les noms reviennent encore aujourd’hui. C’est d’ailleurs dans la foulée de ces enquêtes sur les taux de référence que le Mexique s’est penché sur le dossier des emprunts d’Etat.
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