Nouveaux changements d’hommes forts chez Vivarte
Stéphane Maquaire, arrivé chez Vivarte au poste de président exécutif en avril, est déjà démis de ses fonctions. Le board du distributeur multi-enseignes en a ainsi décidé hier. Une éviction qui, dans la foulée, a provoqué le départ du président du conseil d’administration. « A la suite de la décision prise par la majorité du conseil d'administration de mettre fin aux fonctions de Stéphane Maquaire, j'ai immédiatement démissionné de mon double mandat d'administrateur indépendant et de président du conseil d'administration du groupe Vivarte, marquant ainsi mon désaccord avec cette décision », a écrit Pierre-Antoine Gailly dans une déclaration transmise à Reuters.
Pour mémoire, le troisième dirigeant de Vivarte en l’espace de quatre ans avait pour mission de relancer la machine. Le groupe croule en effet sous une dette de 1,5 milliard d’euros et est sous mandat ad hoc depuis juillet jusqu'à fin novembre. Stéphane Maquaire, ingénieur des Ponts, a quitté Monoprix où il a fait de très belles choses pour se lancer dans cette maison où les patrons ne font pas long feu. Il a ainsi présenté fin septembre un plan sur cinq ans. Ce dernier prévoyait la cession d’enseignes mineures (Kookaï, Chevignon, Pataugas), le redressement d’enseignes plus porteuses comme La Halle et le développement de nouveaux concepts.
Les patrons avaient notamment pour ambition de négocier un abandon partiel de la dette de 1 milliard d’euros avec les créanciers. Et c’est cette stratégie qui n’aurait pas convaincu le conseil d’administration, en particulier les fonds-actionnaires comme Alcentra, Babson, GLG et Oaktree, dont la vision courtermiste des choses est parfois pointée du doigt. S’il se murmure que Stéphane Maquaire n’était pas l’homme de la situation pour gérer une crise, il parait également un peu étonnant que le patron ait été débarqué au bout de seulement quelques mois, alors même que la société aurait besoin de plus de stabilité et d'un cap maintenu pour aller mieux.
Le nouvel homme fort serait Patrick Puy, qui arriverait dans les prochains jours. Ce dernier est perçu comme un dirigeant capable de redresser les entreprises mal en point, même s’il est également connu pour ses « sauts de puces » entre sociétés. Diplômé de Polytechnique et de l’Ecole nationale supérieure des pétroles et moteurs, il a été directeur général de la société de petit appareillage électrique Legrand de 1994 à 2000. Il a ensuite pris la casquette de président-directeur général du groupe Brandt-Moulinex de 2001 à 2002, avant de devenir managing director d’Alvarez & Marsal France de 2004 à 2009. Cet ingénieur a également été directeur général adjoint des activités de TDF France et de MCR à Monaco, puis président du directoire d’Arc International. Depuis cette année, il était directeur général de Spir Communication.
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