Banque M&A vs conseil: l'illusion d'une même rémunération
Banque ou conseil en stratégie: tel est le dilemme auquel sont souvent confrontés les jeunes diplômés des prestigieuses universités ou écoles de commerce. Courtisés à la fin de leurs études par ces grands noms, à coups de présentations et d'évènements glamour, ils sont souvent perplexes face à des profils de rémunération similaires. Pourtant, une vraie divergence aura lieu au cours du parcours.
Ainsi, selon les données compilées par Emolument auprès de 1690 banquiers ou consultants en stratégie à Londres, les deux métiers semblent très proches pour un jeune actif. Ils requièrent les mêmes profils et compétences, utilisent le même jargon et ont la même culture corporate, et les packages de rémunérations sont comparables. A l'entrée, un jeune consultant est payé en moyenne 49 000 livres par an, contre 54 000 pour le banquier M&A. Même écart pour les juniors, rémunérés entre 60 000 (consultant) et 65 000 (banquiers) livres par an, et les grandes firmes de conseil telles que Baker McKenzie sont même plus généreuses, avec une grille de 82 000 livres annuels pour ses juniors, alors qu'elle n'est que de 62 000 livres au même rang dans les grandes banques de la City. Mais ces dernies se focalisent sur la rémunération de base, alors que le bonus sera un élément de plus en plus prépondérant de l'enveloppe au fur et à mesure des années.
Mais c'est à partir de cinq années d'expérience qu'un gouffre se forme entre consultants et banqiers M&A. Ces derniers affichent en milieu de carrière une rémunération globale de 212 000 livres par an, tandis que les consultants plafonnent à deux fois moins (92 000 livres en moyenne). Ce rapport du simple au double au moins perdure ensuite tout au long de leur parcours, puisqu'à partir de dix ans d'expérience, les banquiers M&A touchent un package de 320 000 livres, contre 143 000 livres pour les consultants. L'écart se referme à peine en fin de carrière (plus de 15 ans d'ancienneté), puisque les banquiers finissent à 441 000 livres alors que les consultants toucheront 221 000 livres.
Pour Thomas Drewry, CEO d'Emolument: "Les décisions des jeunes diplômés sont souvent prises à la faveur d'une discussion agréable avec un professionnel ou une jolie brochure, mais peu ont conscience de l'impact financier de leur choix tout au long de leur carrière. Leur seul but est de rejoindre un environnement de travail prestigieux et challenging pour continuer sur la voie d'excellence établie par leur diplôme. Les salaires de base leur paraissent suffisamment attractifs pour ne pas se préoccuper des montants des bonus plus tard dans leurs parcours"
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