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Nomura à la manœuvre dans les gros LBO français de l’année
Nomura a pu tirer parti de ses relations privilégiées avec les fonds de private equity pour faire le plein de mandats au premier semestre, et il s’est illustré en tant que conseil aussi bien que dans la partie financement, essentielle pour préparer une cession ou renforcer une candidature.
La banque japonaise, qui est intervenue sur 7,3 milliards d'euros de deals au premier semestre, a ainsi su se placer aux côtés des français Astorg Partners et Montagu PE pour la reprise du laboratoire de diagnostic médical Sebia, pour 1,2 milliard d’euros. Ses deux anciens propriétaires ont obtenu un accord du vendeur Cinven à leur offre préemptive, pour laquelle Nomura et Goldman Sachs ont apporté un financement équivalent à 7,5 fois l’Ebitda de la cible. Très proactive et innovante, la banque a par ailleurs structuré un financement « cove-lite » de 818 millions d’euros sur Ceva Santé Animale, le premier schéma agressif de ce type en Europe depuis la crise.
Autre opération à la frontière entre le LBO et le deal d’infrastructure : Nomura a conseillé Ardian et Crédit Agricole Assurances dans la reprise de Vinci Park pour 1,96 milliard d’euros, mais le financement a été assuré par un syndicat bancaire sur un modèle très conservateur. La banque est également intervenue dans le cadre de sorties LBO, notamment en accompagnant le fonds britannique Charterhouse qu’il connaît bien. Il l’a ainsi assisté dans la cession de Nocibe, emportée par l’industriel américain Douglas pour 550 millions d’euros, annoncée en octobre 2013 et finalisée en début d’année. Mais lui a aussi mis en place un financement transportable de 1,76 milliard d’euros sur Elior, bouclé en février. Ce schéma prévoyait que la dette était transférable au nouveau propriétaire d’Elior en cas de cession, pourvu que celui-ci figure parmi une liste de candidats. Faute de trouver un repreneur au prix attendu, Charterhouse a organisé l’IPO d’Elior ce mois-ci, qui capitalise aujourd’hui 2,5 milliards d’euros.
Enfin, Nomura s’est également positionné sur des deals industriels plus classiques. Il a ainsi conseillé son compatriote Shiseido dans la vente de Decléor et Carita à l’Oréal pour 230 millions d’euros. Surtout, il a franchi « l’Everest du M&A » en parvenant à concilier les vues de Vinci et Bouygues, qu’il assistait, dans la cession par ce dernier de sa participation de 16,7% dans Cofiroute pour 800 millions d'euros. Une opération pour laquelle Nomura a dû montrer tout le doigté du banquier d’affaires.
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