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Sur les marchés
Carmignac très pessimiste pour 2016
Alors que les analyses contrastées se succèdent, Carmignac a tranché ce matin : la reprise n’est pas pour demain, la prudence doit primer. Selon la société de gestion, l’activité des pays développés est encore à la traîne et les Etats-Unis sont même en plein ralentissement, alors que la Fed remonte ses taux. Les pays émergents en souffrent lourdement, alors que les dévaluations successives et l’effondrement des matières premières alimentent les pressions déflationnistes. Et ces analyses se répercutent sur la stratégie de Carmignac : le gestionnaire continuera de réduire son exposition au marché des actions, s’éloigne du marché du crédit en pleine « zone de danger » et des pays émergents.
Carmignac dresse avant tout un tableau très sombre de la situation américaine. Plutôt que de se satisfaire de la croissance de l’investissement, le gestionnaire constate que depuis quatre ans, la croissance des marges tourne autour de zéro. Pire, l’activité industrielle, « partie cyclique de l’activité » qui « tire l’économie », a nettement faiblit. Ce qui, historiquement, est un signe annonciateur de… récession. La consommation, à peine stable malgré la baisse du pétrole, sera d’un faible secours, d’autant que le pouvoir d’achat des ménages ne sera pas soutenu par la mauvaise performance des actions américaines. Et comme le souligne Carmignac, c’est bien la consommation qui crée l’emploi, pas l’inverse.
Difficile d’être enthousiaste sur la situation de la Zone euro, étant donné que la dépendance financière et économique à l’évolution américaine est certaine. Historiquement, les variations de PIB et les résultats des marchés se suivent de près, et la Zone euro enregistre des hausses moindres et des chutes plus douloureuses. La situation budgétaire est toujours biaisée par les performances allemandes : sans son leader économique, la Zone euro affiche en 2015 un déficit budgétaire à près de 3% de son PIB. Et la stratégie actuelle de la BCE ne fait pas l’unanimité, au sein même de son Conseil des gouverneurs. Un de ses membres déclarait au Financial Times début décembre qu’ils n’avaient pas à agir, « même si les prévisions 2018 sont inférieures aux objectifs ».
Sans surprise, parmi les pays émergents, c’est d’abord la Chine qui préoccupe. En essayant de contrôler la dépréciation du yuan, la Chine a brutalement réduit ses réserves de change en 2015, réduisant ainsi la liquidité mondiale. Sans compter que le resserrement monétaire de la Fed réduira inévitablement les flux de capitaux dans les pays émergents.
Cette situation n’est cependant pas sans avantage. Avec la baisse des anticipations d’inflation, les taux d’intérêt en Europe et aux Etats-Unis devraient à nouveau se réduire. Les taux américains restent d’ailleurs attractifs, avec un rendement supérieur aux taux allemands d’environ 1,5 points. Carmignac mise aussi sur les taux coréens à 10 ans, mais se risque également à parier sur les obligations brésiliennes et mexicaines, indexées sur l’inflation.
En revanche le crédit corporate devient particulièrement préoccupant : le taux de défaut du « haut rendement » américain a bondi après la crise et la liquidité se contracte, alors que les investisseurs tardent à s’ajuster en conséquence. Carmignac privilégie plutôt les CLOs européens (titrisation adossée à des prêts à effet de levier), mais aussi le crédit sur le secteur énergétique américain. Enfin, sur le marché des devises, le gestionnaire prévient, la baisse de l’euro arrive à son terme, et la monnaie devrait se stabiliser.
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