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Chute du pétrole, la loi du plus fort
Le baril de pétrole est désormais passé sous la barre des 65 dollar, soit une baisse de plus de 42% depuis la fin juin, atteignant un niveau inégalé depuis mai 2009. Une chute qui résulte à la fois de la forte hausse de la production américaine, d’une chute de la demande mondiale et du refus des Etats de l’OPEP d’abaisser le plafond de leur production quotidienne. Dans une note publiée cet après-midi, Moody’s a tenté de classer les Etats producteurs qui seront le plus impactés par cet effondrement des prix, tout en précisant que cette baisse du baril aurait un impact positif sur la croissance globale, en particulier dans les pays importateurs. Selon le FMI, une diminution du prix du pétrole de 20 dollars entraînera une hausse du PIB de 0,5% en 2015 et de 0,7% de PIB supplémentaire si ce choc de croissance permet un rétablissement de la confiance. Les pays qui se battent actuellement contre la forte hausse des prix et des factures énergétiques élevées, tels que l’Inde ou l’Indonésie, devraient notamment bénéficier de cette baisse du baril. Si le pétrole descend jusque 60 dollars, la consommation chinoise devrait être sensiblement boostée estime Moody’s.
Mais, selon le scénario central de l’agence, le baril devrait plutôt tourner autour de 80 à 85 dollars l’an prochain. Les Etats exportateurs dont les revenus dépendent majoritairement de la production pétrolière et qui possèdent par ailleurs un niveau de dépenses important seront naturellement les plus impactés. Puisqu’ils seront moins capables de réaliser les ajustements budgétaires nécessaires, en raison de marges de manœuvre moins importantes. La Russie et le Venezuela font partie de cette catégorie de pays, qui possèdent des dépenses annuelles importantes et qu’il serait difficile de couper d’un point de vue politique, estime Moody’s. Le Gabon serait également négativement affecté si le baril se maintenait au niveau actuel.
Les pays du Golfe subiraient, de leur côté, des pertes de l’ordre de 200 milliards de dollars en 2015, selon le scénario central de Moody’s. Parmi les pays du Golfe, l’Arabie Saoudite et le Koweït seront confrontés à une forte réduction de l’excédent de leur balance courante. Mais ces deux Etats possèdent aussi des coussins permettant de mieux encaisser la détérioration de leur déficit. Ces pays ont en effet utilisé leurs revenus pétroliers pour se constituer des réserves ou faire des dépenses en investissements et pourront donc s’adapter plus facilement à une prolongation du contre-choc pétrolier, explique l’agence, contrairement à la Russie ou au Venezuela. « Les fonds souverains des Etats du Golfe ainsi que leurs réserves représentent environ 1700 milliards de dollars », explique l’agence. De quoi survivre en cas de dégradation des prix.
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