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Les dividendes en berne, ou la crise de confiance des corporates
HSBC a tenu à maintenir son dividende – relevé d’un cent à 50 cents par action- malgré la publication de résultats annuels en demi-teinte ce lundi, ce qui montre sa volonté de préserver ses actionnaires en cette période difficile pour les banques. Mais cela n’est pas le cas pour tous les corporates américains, loin s’en faut. La tendance est plutôt à la modération de la rémunération des actionnaires depuis le début de l’année, selon les données de S&P Dow Jones Indices.
Ainsi, selon l’analyste senior indices Howard Silverblatt, seules 84 sociétés ont décidé d’augmenter ou d’initier une distribution jusqu’à présent en 2016, soit une baisse de plus de 20% par rapport à la même période en 2015. En outre, cette hausse est de plus en plus ténue : 10% en moyenne cette année, contre 13% en 2015, 18% en 2014 et même 20% en 2013. Malgré tout, les réductions ou suppressions de dividendes restent minoritaires : elles concernent respectivement quatre et une sociétés depuis le début de l’année, contre quatre l’an passé.
On est encore bien loin de la situation de février 2009, lorsque seuls 33 corporates avaient relevé leurs dividendes (contre 55 cette année). En revanche, 18 d’entre eux avaient baissé cette rémunération et quatre suspendu en un seul mois, contre trois et un cette année. Malgré tout, cette pause en dit long sur l’état d’esprit des entreprises à l’heure actuelle, qui en règle générale préfèrent couper dans les capex et les dépenses de marketing et de R&D avant de toucher à la rémunération de leurs actionnaires, qui impacte fortement leur cours de Bourse. « Ils (les baisses de dividende, ndlr) sont la reconnaissance d’un problème qui n’est pas à court terme, et ils sont faits pour préserver le cash », analyse Howard Silverblatt.
Cette tendance est fâcheuse pour les investisseurs, qui jusqu’à présent pouvaient compter sur cette manne des dividendes pour compenser des marchés erratiques. Cette désillusion s’est d’ores et déjà manifestée chez les ETF focalisés sur les dividendes, qui ont décollecté l’an passé pour la première fois de leur histoire, selon Markit. Le fournisseur de données estime que la croissance des distributions va même refluer à 3,8% cette année, soit sa plus faible hausse en cinq ans. Parmi les secteurs, le pétrole et gaz et les matériaux de base seront sans surprise parmi les plus touchés, mais aussi l’alimentaire et les boissons. Ce dernier secteur souffre surtout d’un comparable défavorable, car Kraft avait versé un dividende exceptionnel très généreux à ses actionnaires dans le cadre de sa fusion géante avec Heinz pour 46 milliards de dollars. Du côté du secteur pétrolier, de nombreuses sociétés ont réussi à préserver leurs dividendes jusqu’à présent car elles bénéficiaient de contrats avec des prix du baril plus élevés. Mais alors que le brut tutoie désormais les 30 dollars, les réductions de dividendes vont devenir inévitables, selon Markit.
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