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Bruno Le Maire à l'offensive de Berlin
« Le ministre des Finances français veut expliquer l'Europe à Lindner », titre le Handelsblatt, à propos de la visite de Bruno Le Maire à Berlin. « Cela n'était encore jamais arrivé : qu'encore en pleines négociations pour la mise en place d'une coalition, un ministre français rencontre les principaux partis en lice. ». Bruno Le Maire, venu pour intervenir lors d'un forum co-organisé par les Echos et le Handelsblatt en a profité pour rencontrer plusieurs leaders des différents partis du pays. Pour le Handelsblatt, au-delà des discours, « le voyage lui-même est un message ». Bruno Le Maire a profité de son déplacement pour rencontrer Peter Altmaier, l'actuel ministre des Finances, le chef du FDP Christian Lindner et Cem Özdemir des Verts.
Le site du quotidien rapporte les propos de l'homme d'Etat français : « l'Europe ne devrait pas avoir peur de ses propres forces », « nous devons faire de l'Europe un pouvoir politique et économique », a-t-il suggéré, « même si je sais que le terme de "pouvoir" en Allemagne soulève parfois des réserves ». Le dirigeant a plaidé pour une discussion ouverte, ce que le quotidien considère comme « rafraîchissant ». « Bien sûr, nous ne sommes pas du même avis d'entrée de jeu. Mais si nous n'abordons pas les questions difficiles, nous ne pourrons pas avancer », a martelé Bruno Le Maire. Le ministre français a mis des mots sur les questions sensibles : davantage de solidarité en Europe, une politique commerciale plus défensive face à la Chine et aux Etats-Unis ainsi qu'un budget et un ministre des Finances pour la zone euro.
Cette semaine, les chiffres de la production industrielle allemande de septembre sont tombés, avec un recul de 1,6% par rapport à août, selon Destatis. Dans le même temps, on apprend pourtant, notamment dans les colonnes du Spiegel, que « l'économie allemande craint une surchauffe ». C'est en tout cas l'inquiétude des cinq experts qui conseillent le gouvernement fédéral sur les questions économiques. Ces Sages revoient leurs prévisions de croissance pour 2017 à la hausse, à 2%. Et pour 2018, elle pourrait atteindre 2,2%. Mais cela pourrait avoir pour conséquence une « surcharge des capacités de production ». Dans leur rapport de 463 pages, ils recommandent, entre autres, d'éviter la logique de redistribution au profit des investissements et des coupes d'impôts. Le même texte encourage le gouvernement fédéral à s'appuyer sur l'impulsion d'Emmanuel Macron pour faire avancer l'UE. Mais l'ensemble du rapport a d'ores et déjà été accueilli froidement par Angela Merkel et différents instituts économiques allemands. Même si la Sueddeutsche Zeitung estime que les Sages ont raison : « l'Allemagne doit utiliser cette bonne période » pour lancer une nouvelle politique économique.
Enfin, la presse allemande, à l'instar du Spiegel, se fait l'écho de la future nomination de l'ancien vice-chancelier Philipp Rösler à la tête du consortium privé chinois HNA, actif notamment dans l'aviation, l'immobilier ou la finance. Le conglomérat avait, entre autres, pris des participations dans la Deutsche Bank. A 44 ans, le politicien allemand quitte son poste au Forum économique mondial. « L'ancien chef du FDP devrait promouvoir la confiance sur le marché européen », selon le site de l'hebdomadaire. « Un travail délicat pour un ancien politicien » souligne la Sueddeutsche Zeitung. Pour le Tagesspiegel, Philipp Rösler va devoir « polir l'image du consortium chinois ».
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