WAN
menu
 
!
L'info stratégique
en temps réel
menu
recherche
recherche

Déficit: Olli Rehn ne veut pas accorder de nouveau délai à Paris

Le commissaire européen estime que cela risquerait de faire jurisprudence pour d'autres Etats, alors que chacun doit respecter les règles. La presse réclame un "moment-Schröder" pour la France et l'Italie.
Olli Rehn
Olli Rehn

"Inquiétude autour d'un nouvel accroc au pacte de stabilité", titre la Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui s'inquiète d'un "nouveau report souhaité par la France". "Le commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, a mis la France en garde. Le président de la Bundesbank, Jens Weidmann, fait appel au gouvernement fédéral. Est-ce que la rupture de digue de 2004 se répète?" La FAZ détaille : "le souhait français d'un nouveau report pour l'assainissement des finances publiques alarme la Commission européenne et la Bundesbank. Le commissaire européen aux Affaires monétaires, Olli Rehn, ne veut pas donner plus de temps à Paris pour atteindre l'objectif de déficit fixé. 'Si on fait preuve, sans raison, de plus de flexibilité pour la France ou un autre grand Etat membre, cela sera tout de suite utilisé comme référence par les autres Etats membres. La façon dont nous traitons avec un pays a une conséquence claire sur ce que nous pouvons exiger des autres. C'est pourquoi il est tout particulièrement important que nous suivions les règles et de ne pas bricoler' a-t-il déclaré à la Frankfurter Allgemeine Zeitung, à Francfort".

Quant à Jens Weidmann, également interrogé par la FAZ, il explique : "en regardant la force des dispositions fiscales, c'est une procédure grave que le gouvernement français veuille repousser encore dans le futur le respect des objectifs de déficit". Rehn rappelle au passage que le délai a déjà été repoussé deux fois pour Paris. "Il attend désormais que la France respecte ses obligations européennes", ajoute la FAZ.

De telles déclarations des deux hommes font suite à l'annonce, par le président du Parlement européen Martin Schulz, vendredi, de sa volonté de "laisser à la France plus de temps pour épargner". Il a en effet déclaré sur BFM-TV que si d'un côté il était important que les critères de Maastricht soient respectés, d'un autre, il faut aussi prendre en compte les capacités et les possibilités des différents Etats membres. La FAZ rappelle cependant que le gouvernement allemand est plus ferme. Son porte-parole, Steffen Seibert, a déclaré que "Berlin fait confiance au fait que la France tienne ses engagements sur le Pacte de stabilité. Les partenaires de l'UE lui ont déjà donné deux années supplémentaires", rapporte le quotidien.

La Sueddeutsche Zeitung réagit à ces déclarations en estimant qu'il est "temps pour un moment-Schröder". "Des pays comme l'Irlande et l'Espagne se relèvent doucement, cependant, encore deux autre pays de l'euro se trouvent en ce moment dans une crise difficile – et personne ne le relève vraiment. Les problèmes économiques de la France et de l'Italie menacent de nouveau la zone euro », prévient la SZ. Pour s'en sortir, le quotidien propose une solution : Matteo Renzi et François Hollande « ne doivent pas se limiter à desserrer la politique d'austérité de Bruxelles. Ce ne serait que retarder le changement nécessaire de mentalité. Les deux pays ont besoin de plus que d'un simple plan de sortie de crise, ils ont besoin d'une nouvelle orientation : moins d'Etat social, moins de fonctionnaires, une meilleure éducation, moins d'impôts pour les sociétés qui sont en concurrence internationale. Les deux pays ont besoin d'un moment-Schröder : le courage avec lequel l'ancien chancelier a prescrit à la société un agenda 2010 ». 

Vous souhaitez réagir à cet article ou apporter une précision ?
Commentez cet article