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"Macron exhorte l'Allemagne à investir davantage"
Si le Président français tient aujourd'hui son premier conseil économique et financier franco-allemand en tant que chef de l'Etat, il y avait déjà assisté en tant que ministre de l'Economie sous le gouvernement Hollande. C'est donc à l'Elysée qu'Emmanuel Macron reçoit cette fois-ci la chancelière Angela Merkel, pour la 19ème édition de cette rencontre, instituée en 1998 par Jacques Chirac et Helmut Kohl à Bonn, rappellent les journaux allemands.
Les médias outre-Rhin, supporters de la première heure d'Emmanuel Macron ont naturellement largement commenté ce sommet, placé sous le signe du renforcement de l'axe franco-allemand et de l'Union européenne. La presse outre-Rhin a notamment repris l'interview donnée par le Président français à des journalistes des deux pays, dans laquelle il exhorte l'Allemagne à investir davantage pour soutenir l'économie de la zone euro. "Macron a constaté que les Allemands avaient 'profité' de la crise de la zone euro", explique ainsi ce matin le Spiegel. "Le Président français a affirmé qu'il était dès lors temps pour l'Allemagne de 'rendre' ce qu'elle avait reçu et de mettre en place un plan de relance de l'investissement qui bénéficierait à la fois au pays et au reste de la zone euro", poursuit le quotidien. "L'élu français a critiqué les écarts de richesses trop importants entre les pays de la zone, les uns ne cessant de s'endetter lorsque les autres sont de plus en plus compétitifs", poursuit le Spiegel. Qui ajoute qu'en revanche, il n'a pas été question de communautarisation de la dette des pays, un sujet tabou en Allemagne. Selon le journaliste, qui cite une information du SPD, les deux chefs d'Etats, lors du conseil économique, ne devraient pas discuter de la taxe sur les transactions financières, dont le projet patine depuis des mois, car la France aurait émis des réserves sur le sujet.
Le Sueddeutsche Zeitung reprend pour sa part les propos du Président sur sa vision de l'Europe : "Il a déclaré qu'il était en faveur d'un renouvellement des traités européens permettant de construire une Europe qui protège contre la mondialisation, grâce à un nouveau modèle social et de croissance".
"Macron courtisé" écrit de son côté le site du Tagesschau. Selon le média, la relation entre Merkel et Macron a jusqu'à présent été "très harmonieuse" et le duo "déjà bien établi, a d'ailleurs souvent été vu ensemble lors du G20 de Hambourg". Au point que leur surnom commun Mercron a été adopté, plaisante le journaliste, qui assure que le tandem "Merkozy" n'a jamais pris, tandis que celui de "Merkollande" sonnait carrément faux ! Mais la chancelière allemande n'est pas la seule à s'afficher aux côtés d'Emmanuel Macron, soutient le média allemand. Ainsi le SPD Sigmar Gabriel, dont le parti se présentera face à Merkel lors des élections de septembre, fait tout pour être vu aux côtés du locataire de l'Elysée, qui a bonne presse dans son pays, estime le journal. Lorsqu'Emmanuel Macron était en campagne, Sigmar Gabriel l'avait ainsi invité à un débat en présence du philosophe Habermas à Berlin. "Le candidat du SPD à la chancellerie Martin Schulz ne cesse de son côté d'affirmer son amitié avec Emmanuel Macron", ironise le média.
"Le gala de Macron", titre de son côté le Tagesspiegel ce matin pour parler de la réunion en grande pompe de Macron et Merkel à l'Elysée. Le journaliste est cependant sceptique sur les résultats qui seront obtenus de ce conseil franco allemand, soulignant qu'il ne faudra malheureusement "pas trop en attendre". "L'équipe 'Mercron' va-t-elle réellement réussir à répondre aux attentes d'un redémarrage de l'Europe ?" "Ceux qui ont fait un tel pari seront sans doute déçus", poursuit le journaliste. Car aujourd'hui les deux chefs d'Etats devraient présenter "un vaste catalogue d'initiatives conjointes, allant d'une assiette fiscale commune pour l'impôt des sociétés sur la promotion des cours d'allemand en France à la politique de défense commune". Or la plupart de ces propositions ont été "préparées à la hâte", poursuit le quotidien, qui estime que la réunion risque "d'être plus symbolique qu'efficace" et ne pas offrir de résultats concrets rapidement.
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