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"La BCE est dans un cul-de-sac"
« Les entrepreneurs allemands perdent leur optimisme », prévient le Spiegel, qui s'appuie sur une étude de la Chambre du commerce et de l'industrie allemande (DHIK). « Cette année s'est mieux passée que prévu pour les entreprises allemandes, mais le moral pour l'avenir est en recul. Les risques augmentent », précise le site de l'hebdomadaire. L'enquête se base sur l'interrogation de près de 27.000 entrepreneurs. Et parmi eux, seuls 22% espèrent encore de meilleurs chiffres pour l'année 2017. Les causes ? « Le coût croissant des matières premières et la conjoncture mondiale à la peine », poursuit le Spiegel. Le prix des carburants, à la hausse, préoccupe également l'industrie et le secteur agricole. « La faible croissance dans de nombreuses régions du monde et les crises politiques pèsent sur les perspectives d'exportations », explique le DHIK dans son rapport. « Le Brexit aussi est un risque pour le commerce extérieur allemand ».
« Le zéro reste ». La presse allemande regarde avec inquiétude et préoccupations le refus de la Banque centrale européenne de faire évoluer son taux directeur. Le Handelsblatt note « une période difficile pour les épargnants ». « Avec son taux nul, la BCE a réduit le rendement des dépôts d'argent. Mais cela va devenir encore pire : comme l'inflation augmente, de nombreux épargnants allemands vont bientôt être à la limite de perdre de l'argent ».
Par ailleurs, le quotidien économique estime que « le dollar fort et le président de la BCE, Mario Draghi, mettent l'euro sous pression ». La monnaie est en recul ce vendredi, comme elle l'était déjà jeudi, et les investisseurs insatisfaits. Alors que la Fed devrait augmenter les taux d'intérêt, le choix contraire de Mario Draghi et ses dernières déclarations pèsent encore plus lourd pour la monnaie unique européenne, estime le Handelsblatt.
Pour le Frankfurter Allgemeine Zeitung, « la BCE est dans un cul-de-sac ». « La BCE achète et achète des obligations. Plus cela va durer longtemps, plus la sortie sera difficile – pourtant, elle serait nécessaire pour beaucoup d'observateurs ». L'éditorialiste du journal s'inquiète de voir l'institution européenne prendre de plus en plus de place parmi les créanciers des Etats. « Les Etats du sud, fortement endettés, sont dépendants des taux d'intérêts. Sans la pompe à argent de Draghi, l'Italie, par exemple, seraient depuis longtemps dans une nouvelle crise financière. » Et les manœuvres possibles pour la sortie de la situation sont de plus en plus difficiles, affirme la FAZ, « car les marchés vont réagir nerveusement ».
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