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Croissance, les prévisions du gouvernement allemand "inatteignables"
« L'économie allemande croît plus doucement », prévient le Spiegel. «L'économie allemande a de nouveau augmenté – mais a cependant clairement perdu dans le rythme. Le produit intérieur brut a augmenté au premier trimestre de 0,3%, a annoncé le bureau fédéral des statistiques », précise le site de l'hebdomadaire. « La baisse des exportations et la baisse des dépenses publiques ont divisé la croissance allemande par deux au début de l'année », poursuit le Spiegel. A titre de comparaison, au dernier trimestre 2017, la croissance était de 0,6%. Au troisième trimestre de 0,7%.
Le Handelsblatt souligne que « de nombreux économistes estiment que les prévisions de croissance du gouvernement ne sont plus atteignables ». Lors des débuts du gouvernement, Peter Altmaier, ministre de l'Economie, était «totalement optimiste » : il annoncé une croissance à 2 ou 2,5 pour les années à venir, rappelle le journal. Cependant, même si la croissance ralentit, la Deutsche Welle souligne que « les économistes des banques et des instituts de recherche économique ne misent pas sur une fin de la croissance pour le moment ». Du côté d'Allianz, par exemple, on explique ce ralentissement comme étant temporaire, et non le début d'un ralentissement global de la croissance. 0,3% restant un chiffre tout à fait acceptable.
Parallèlement à ces inquiétudes – légères – sur la situation économique, « des hommes politiques et des dirigeants critiquent la politique européenne hésitante de Merkel », annonce le Handelsblatt, qui a organisé une rencontre «Mission Europe », lundi, à Berlin. Ainsi, Lionel Souque, PDG du groupe Rewe (grande distribution) a considéré que « Angela Merkel est une femme brillante. Mais elle ne doit pas seulement gérer, elle doit aussi mettre en place ses propres accents et développer davantage de visions ». Matthias Fekl, ancien ministre de l'Intérieur français a de son côté estimé : « Nous avons besoin enfin des propositions allemandes ». Il s'attend à une réponse prochaine aux propositions d'Emmanuel Macron, car « la Chancelière connait ses responsabilités ». Et que, pour lui, une intégration européenne plus importante est dans l'intérêt de l'Allemagne. « Le marché européen sera, sur le long terme, beaucoup plus stable que, par exemple, l'asiatique ».
Ce mardi, Olaf Scholz, ministre des Finances, a défendu son projet de budget devant le Bundestag, rapporte notamment Focus. La question européenne y a logiquement été évoquée. Le ministre a affirmé devant les députés que «l'Europe est, pour l'Allemagne, la préoccupation la plus importante ». « En tant que pays le plus peuplé et avec une économie performante et orientée vers les exportations, au milieu du continent, nous sommes dépendants d'une Union économique prospère. » L'UE est essentielle aussi, selon lui, dans les relations avec la Chine ou les Etats-Unis. Concernant la politique économique, il s'est prononcé « en faveur d'une transformation du MES (Mécanisme européen de stabilité, Ndlr), qui doit être contrôlé par les Parlements ». La FAZ rapporte qu'il a « défendu l'augmentation des fonds allemands pour le budget européen ». Par ailleurs, il a annoncé, pour l'Allemagne, des investissements à hauteur de 37 milliards d'euros. L'opposition a dénoncé un budget «irresponsable » et « sans avenir », souligne la FAZ. Otto Fricke, du FDP, estime que ce budget est seulement une continuité de l'existant. Une opinion partagée par die Linke.
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