L'accueil des réfugiés remis en cause en Allemagne
Outre-Rhin, médias et politiques ne cessent de rebondir sur l'agression massive de femmes qui s'est déroulée devant la gare de Cologne, pendant la nuit de la St Sylvestre. « La multiculturalité est une fiction », titre le Handelsblatt, qui explique aussi que « les regards du monde entier sont tournés vers l'Allemagne ». « De nombreux Etats de l'UE, à l'est, se moquent : nous vous l'avions bien dit ». La polémique fait rage autour de la politique d'Angela Merkel à l'égard des migrants. En effet, les responsables des agressions ont été décrits par certaines victimes comme d'origine étrangère – potentiellement des réfugiés. Les partis d'extrême droite de plusieurs pays de l'Europe de l'est se sont ainsi saisis de la question, explique le Handelsblatt, critiquant vivement la politique de Merkel. Par exemple, Robert Fico, premier ministre slovaque, estime : « si nous acceptons des migrants dans le pays, on peut aussi recevoir de tels problèmes ».
Mais au sein même de son pays et de son parti, la chancelière Merkel doit affronter de vives critiques. La Frankfurter Allgemeine Zeitung consacre ainsi un article à «la pression de l'intérieur ». « Au sein de l'Union [CDU et CSU, ndlr], la frustration éclate : comment doit-on désormais procéder sur la crise des réfugiés ? », poursuit le quotidien. Deux ministres, le ministre de la justice, Heiko Maas (SPD) et celui de l'intérieur, Thomas de Maizière (CDU), ont fait une proposition de loi conjointe « facilitant l'expulsion des délinquants étrangers », rapporte la Sueddeutsche Zeitung. « Nous avons convenu qu'il fallait faciliter l'expulsion des étrangers criminels. Par ailleurs, nous allons à l'avenir réfléchir à la cohérence de l'obtention du statut de réfugié pour les réfugiés qui commettent des crimes », a déclaré Heiko Maas.
Dans le même temps, le ministre de la justice, Thomas de Maizière, a rappelé que « les migrants ne doivent pas être placés sous une suspicion généralisée, il y a beaucoup de réfugiés respectueux des lois, qui doivent être protégés en Allemagne ». Le Spiegel consacre un article à cette « haine dangereuse ». « La scène d'extrême droite se sent plus forte que jamais : le dénigrement à l'encontre des réfugiés et des politiques augmente, la haine est traînée dans la rue. Les autorités sont alarmées ».
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