Macro-économie / Taux / Macro-économie
Macro-économie / Taux
Macro-économie
Brexit : Merkel tend la main à Theresa May
Les journaux allemands et britanniques ont amplement commenté le premier jour du Conseil européen, entamé hier et qui se terminera ce soir par un vote des 27 Etats sur l'avancée des négociations sur le Brexit. "Theresa May adresse une lettre ouverte aux résidants européens du Royaume-Uni" titre aujourd'hui le Tagesspiegel, qui explique que la Premier ministre britannique a publié une lettre dans la nuit de jeudi à vendredi, détaillant le sort qui sera réservé aux Européens du Royaume-Uni, une fois le pays sorti de l'UE. Le but étant de faciliter leur situation le plus possible. Et ainsi de rassurer les 27 sur l'avenir de leurs ressortissants en Angleterre. Mais, précise le quotidien allemand, "les réseaux sociaux ont immédiatement réagi après la publication de la lettre, en estimant que le courrier de Theresa May n'était pas assez concret sur la façon dont cela allait se passer". "Le Conseil de l'UE qui se termine ce soir pourrait être désagréable pour la Premier ministre", estime ainsi le quotidien, qui rappelle que les Etats devront se prononcer et voter, "mais sans Theresa May", qui n'aura pas voix au chapitre. Le "plus gros problème restant le règlement de la facture de 100 milliards d'euros", conclut le journal.
L'édition allemande du Huffington Post revient quant à elle sur le revers politique subi par la Premier ministre britannique à Westminster : "le vote au Parlement britannique montre que la rébellion contre Theresa May bat son plein", titre ainsi le site d'information. Qui explique que le parti de la Premier ministre a finalement décidé de s'abstenir lors du vote sur la réforme de la sécurité sociale, défendue par Theresa May. Une défection au sein de son propre camp, qui démontre la fragilité de la chef du gouvernement, estime le média.
"La colère des Brexiters", titre pour sa part le Frankfurter Allgemeine Zeitung. "La révolte des partisans britanniques du Brexit est grande, alors qu'ils estiment que l'UE a des exigences démesurées", entame ainsi l'éditorialiste du quotidien de Francfort, soulignant les difficultés politique de la Premier ministre. Alors que Theresa May a publié une lettre garantissant le sort des citoyens européens du Royaume-Uni, d'anciens membres de son gouvernement ont répliqué en demandant à la Premier ministre de stopper toute négociation avec l'UE, si elle n'obtenait pas ce soir l'ouverture des discussions sur les relations commerciales, explique ainsi le journaliste. "Ce qui à Bruxelles est considéré comme une tactique purement britannique : menacer de se retirer des négociations pour essayer d'obtenir le plus de concessions possibles", commente l'éditorialiste allemand. Selon lui, l'Allemagne joue un rôle de plus en plus important dans les négociations, et semble focalisée sur la facture, sans se soucier de ce que cette position rigide risque d'avoir comme impact sur la politique britannique".
La chancelière a pourtant mis de l'eau dans son vin hier soir, si l'on en croit la presse britannique, bien plus optimiste que les journaux allemands sur l'avancée des négociations. Ainsi, selon Bloomberg, "Angela Merkel est venue à la rescousse de Theresa May" hier soir, un peu après minuit. "La chancelière a adopté un ton différent de la rhéthorique européenne habituelle", commente ainsi le site d'information, puisqu'elle a avoué que la balle n'était pas seulement dans le camp britannique mais également dans le camp européen. "Les deux camps doivent avancer", a concédé la chancelière, citée par Bloomberg. Qui estime que Theresa May a "enfin quelque chose à rapporter à la maison, pour convaincre le camp conservateur et obtenir le soutien politique nécessaire pour faire plus de concessions au fur et à mesure des discussions". Si les discussions ont donc été plutôt "chaleureuses", selon Bloomberg, les Européens ont cependant été très clairs sur le fait que Theresa May devra revenir avec de nouvelles propositions, pour que l'étape suivante des négociations soit franchie.
Selon The Times, la Premier ministre britannique aurait accepté hier d'apporter 20 milliards d'euros supplémentaires, "ce qui aurait convaincu la plupart des dirigeants européens". Il reste que, selon le Premier ministre néerlandais Mark Rutte cité par le blog Open Europe, si les négociations échouent, "cela sera principalement pour des questions d'argent". The Times rapporte d'ailleurs ce matin que le secrétaire d'Etat au Brexit David Davis est en train de préparer un plan au cas où son pays ne parviendrait pas à trouver un accord avec Bruxelles. "Le ministre devrait présenter un scénario en cas de 'no deal' à tous les membres du gouvernement le 31 octobre", raconte le quotidien britannique. Une position "qui devrait alarmer les partisans du 'Remain'", estime The Times.
Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite

