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Yves de Kerdrel
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Progressivement François Hollande cherche à se rapprocher des entreprises et à renouer avec une politique de l'offre
par Yves de Kerdrel
Le Président de la République a vu dans l'affaire d'Aulnay-sous-Bois à quel point "le Roi est nu". C'est pour cette raison qu'il a tancé, à plusieurs reprises, le Ministre du Redressement productif avant d'aller saluer, chez Valeo, les entreprises qui innovent. Mais ce "Chemin de Damas" n'empêchera pas François Hollande d'être rattrapé par une conjoncture épouvantable et par une série de mouvements sociaux à l'automne.
29/07/2012 - 07:30
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L'affaire PSA-Peugeot-Citroën a, naturellement, continué d'occuper le devant de la scène au cours des tous derniers jours. Arnaud Montebourg a reçu la consigne, à la fois de l'Elysée et de Matignon, d'arrêter de tirer sur les dirigeants du groupe et sur la famille Peugeot. L'entretien entre Jean-Marc Ayrault et Philippe Varin, le président du directoire du constructeur automobile s'est passé aussi bien que possible. Si bien que deux semaines après les déclarations de François Hollande, lors de son intervention du 14 juillet, qualifiant le plan d'inacceptable, et attaquant la famille Peugeot, le ton est franchement à l'apaisement.
Bien sûr, on attend toujours les conclusions de l'expert mandaté par Arnaud Montebourg, Emmanuel Sartorius, qui a pris le temps d'éplucher les comptes et de recevoir les représentants du personnel ; conclusions qui devraient être remises aux pouvoirs publics, mardi prochain. Bien sûr, la situation de PSA, en termes d'exploitation, reste précaire comme l'ont montrés les résultats semestriels, avec une perte nette de 7 millions d'euros par jour au sein de la seule division automobile. Bien sûr, le plan d'accompagnement social, pourrait coûter près de 500 millions d'euros au deuxième constructeur européen, qui ne veut laisser aucun employé "sur le bord de la route". Il reste que contrairement à ce que réclamaient les élus de tout bord, l'usine d'Aulnay sera bien fermée.
REPRENDRE LA MAIN SUR L'EMPLOI
Pour accompagner ce "changement de pied", François Hollande a improvisé; vendredi matin, un déplacement dans l'usine Valeo de la Verrière, située dans les Yvelines. Avec une partie importante de sa visite consacrée aux laboratoires de recherche et développement. Une occasion pour le Président de la République de souligner que le salut de l'industrie française passait par une "politique de l'offre" davantage que par la mise en place de "bonus-malus" qui sont des pis-aller pour montrer que le gouvernement ne reste pas inactif dans la crise que traverse l'industrie automobile.
C'est Emmanuel Macron, le Secrétaire Général Adjoint, en charge des questions économiques, qui tente, depuis plusieurs semaines, de montrer au Président de la République que la seule réponse crédible à la crise, que traverse l'économie française, consiste à soutenir l'offre, davantage que la demande. Mais ce discours favorable à l'entreprise et aux entrepreneurs passe encore mal dans les rangs de certains ayatollahs socialistes.
EN ATTENDANT KARLSRUHE
L'alerte sur l'euro et sur l'Espagne survenue cette semaine a tourné court grâce aux propos fermes tenus immédiatement par Mario Draghi. Ce dernier a retenu les leçons des atermoiements de Jean-Claude Trichet, lors de la précédente crise, il y a tout juste un an. Malgré tout personne ne sait combien de temps les hedge funds et les arbitragistes feront profil bas face au Président de la BCE. Ils savent bien que ce dernier est comme "dans une seringue", dans la mesure où le MES est inopérant tant que la Cour de Karlsruhe ne s'est pas prononcée sur sa constitutionnalité (vers la mi septembre) et le FESF démuni de moyens pour sauver la quatrième économie européenne.
XAVIER BERTRAND COURTISE
A Paris, maintenant que le collectif budgétaire a été examiné par les deux chambres, ainsi que la loi sur le harcèlement sexuel, les députés et sénateurs n'ont plus rien à l'ordre du jour de la session extraordinaire. Alors qu'initialement celle-ci devait comporter l'examen d'une loi d'assainissement du secteur bancaire, et la réforme du Livret A. Sur ces deux sujets les représentants de la FBF ont finalement été reçus, en toute discrétion à l'Elysée, à la suite du courrier qu'ils avaient envoyé au Président de la République à la fin du mois de mai. S'ils semblent avoir peu de chances d'être entendus sur la question du Livret A, en revanche leurs doléances concernant le statut de banque universelle - avec quelques bémols - semblent avoir fait mouche auprès de François Hollande.
Du côté de l'opposition, c'est toujours la guerre des courants. François Fillon semble toujours aussi peu désireux de faire campagne, compte tenu de son score élevé en matière de popularité, et des ralliements dont il fait l'objet. Il a vu longuement Xavier Bertrand auquel il a proposé de faire un ticket. Mais ce dernier a été reçu également par son ennemi personnel, Jean-François Copé. Et l'ancien Ministre du travail pourrait bien créer la surprise dans la mesure où il n'a toujours pas digéré la manière dont François Fillon s'était abstenu de le soutenir dans la bataille pour le groupe parlementaire. De son côté, Nathalie Kosciusko-Morizet, qui bénéficie du soutien direct de Nicolas Sarkozy, pourrait bien tirer son épingle du jeu. C'est pourquoi son ennemi personnel, Guillaume Peltier, fidèle de Patrick Buisson, s'est jeté dans la bataille, au cours de la semaine passée, afin de la gêner autant que possible.
JOUYET A FAIT SON CABINET
Au chapitre des affaires, l'heure est à la publication de résultats semestriels, en majorité plutôt décevants comme on l'a vu avec Alcatel, Vallourec, Saint-Gobain ou Renault, même si les valeurs du luxe s'en sont bien tirées. Manifestement, de nombreux groupes "profitent" de la déterioration de la conjoncture pour provisionner au maximum. S'il y a des comptes semestriels qui sont très attendus cette année, ce sont ceux de Veolia (jeudi 2 août) avec, à la clé, la possible annonce du recrutement de Mouna Sepehri, actuellement directeur délégué à la présidence de Renault, comme numéro deux du groupe en charge des opérations. Une arrivée qui serait largement saluée par le marché.
S'agissant de la direction générale de la CNP, le choix a été repoussé à la fin septembre. D'ici là, c'est Antoine Lissowski qui assure l'intérim. Quant à Jean-Pierre Jouyet, le nouveau directeur général de la Caisse des Dépôts et Consignations - qui donne sa première interview es qualités, dans le Journal du Dimanche de ce jour - il a constitué son cabinet. Avec comme directeur de cabinet, Stéphane Keita, énarque de 55 ans, jusqu'ici directeur général d'Osica, une filiale de la SNI, société foncière située dans l'orbite de la Caisse. Il se trouve que Stéphane Keita est aussi le neveu de DSK, dans la mesure où sa mère, soeur de l'ancien patron du FMI, a été la première épouse de Keita Kara Desoufiane, opposant guinéen bien connu, mort pendu. Le seul enfant de ce mariage, Stéphane Keita, a fait l'ENA, et a navigué à Bercy, jusqu'à être chef de cabinet de son "oncle" DSK, lorsque celui-ci était Ministre de l'Economie et des Finances.
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