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MIFID2 n'a pas fini d'inquiéter
La directive MiFID2, qui entrera en vigueur dans quelques jours, consacre des obligations nouvelles en matière de gouvernance des instruments financiers. L’objectif consiste en une définition plus fine des responsabilités respectives entre producteurs et distributeurs en instaurant un lien entre les deux maillons principaux de la chaîne de distribution. Le distributeur soumis à la directive (à travers la fourniture de services d’investissement) doit quant à lui se doter de dispositifs appropriés pour obtenir les renseignements utiles relatifs auxdits instruments financiers. Lorsque le producteur n’est pas soumis à la directive MiFID2, il appartient au distributeur de déterminer le marché cible. Les exigences réglementaires sur la gouvernance des instruments financiers, impliquent ainsi une définition, puis un suivi, notamment des caractéristiques de l’instrument financier (niveau de risque, horizon de placement…).
C’est pour passer en revue les principales questions posées par l’arrivée de MIFID2 et le sentiment des principaux responsables des Relations investisseurs qu’Exane BNP Paribas et EY viennent de publier la seconde édition de l’étude dédiée à ce sujet. Selon Hermin Hologan, associé EY au sein du département Financial Services en France : « MiFID2 n’affecte pas seulement le secteur financier. De manière plus générale, dans un monde où le volume d’informations ne cessera d’augmenter, les investisseurs doivent pouvoir se reposer sur une information financière encore plus fiable. ».
Selon les résultats de cette enquête, 90% des personnes interrogées s’attendent à une diminution du nombre d’analystes financiers. A contrario, la plupart d’entre elles pensent que la qualité de la recherche va s’améliorer. Cependant, il semble clair que le recul du nombre d’analystes financiers aura probablement un impact négatif sur la qualité des consensus, sans que ceci ne modifie à court terme les procédés internes de collecte au sein des sociétés cotées. Dans un marché plus concentré, les sociétés répondantes prévoient d’allouer de manière plus systématique leurs roadshows aux analystes les plus influents. De là, les sociétés prévoient donc également de réduire la liste des personnes qui auront un accès à la recherche Sell-side en interne.
Certains départements de communication financière envisagent d’organiser davantage leurs propres roadshows ; les brokers resteront en revanche leur premier partenaire externe. Pour finir, les départements de Relations investisseurs envisagent d’être plus directifs dans le ciblage des listes investisseurs dans le cadre de roadshows. D’après Vincent Rouvière, Responsable du Cash Equities d’Exane BNP Paribas: « MiFID2 est une véritable révolution: le modèle qui en émergera sera probablement concentré autour d’un nombre restreint d’acteurs. Pour nous, MiFID2 représente aussi l’opportunité de faire évoluer notre relation avec les sociétés en créant un lien plus direct et équilibré entre l’intelligence de marché que nous leur fournissons et le temps de management qui nous est alloué. » Le monde dans lequel les courtiers étaient en contact avec tous les investisseurs et où leurs notes de recherche étaient quasiment disponibles gratuitement est désormais révolu. La littérature sur MiFID2 et ses impacts sur l’industrie buy-side / sell-side est extrêmement fournie. En revanche, les impacts indirects pour les sociétés cotées sont encore flous. Il sera intéressant maintenant d’avoir leur ressenti sur la question.
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