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Yves de Kerdrel

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Fin d'année semée d'embûches pour le gouvernement Ayrault
par Yves de Kerdrel

La gauche ne cesse de voir grimper l'impopularité en ces derniers jours de 2013. A cause de Florange, aussi bien qu'à cause de Depardieu, dont l'exil fiscal est jugé avec clémence par les français. La saisine du conseil constitutionnel sur l'ensemble du projet de loi de finances et notamment sur la question de l'ISF risque de compliquer la tâche du gouvernement au cours des toutes prochaines semaines.
23/12/2012 - 06:28 Temps Lecture 8 mn.
Rarement les sondages d'opinion ont été aussi terribles à l'égard des nouveaux dirigeants du pays comme à l'égard de leur action. Les indicateurs de long terme comme ceux publiés par Le Point avec Ipsos ou par le Nouvel Observateur avec LH 2 témoignent d'un jugement très sévère des français sur le gouvernement Ayrault et la personne du premier ministre. A contrario, c'est Arnaud Montebourg, symbole du volontarisme politique malmené par Jean-Marc Ayrault, dont la popularité progresse le plus au point de rejoindre celle de Manuel Valls. Malgré tout à l'Elysée, il n'est pas question de parler - ou même simplement de penser - au remplacement de Jean-Marc Ayrault. Dans l'entourage du Président de la République on explique que cette impopularité est normale car elle sanctionne tous les efforts demandés dans le cadre de "la politique de redressement". L'idée de François Hollande est qu'après deux années difficiles, viendra le temps où les efforts produiront leurs fruits. Ce sera aussi le moment de nommer un nouveau Premier Ministre. Avec sans doute, Michel Sapin, comme meilleur candidat à ce poste. OU IRA L'AFFAIRE CAHUZAC ? Il reste que pour l'heure François Hollande traîne un sacré "caillou dans sa chaussure" avec ce qu'il est désormais convenu d'appeler "l'affaire Cahuzac". La défense du Ministre chargé du budget, si apprécié des milieux d'affaires, pour sa connaissance des finances publiques et pour son orthodoxie, apparaît de plus en plus fragile. Du coup Mediapart qui poursuit ses révélations au jour le jour, donne le sentiment de marquer des points. Si Jérôme Cahuzac devait être amené à démissionner pour se défendre - on n'en est pas encore là ! - ce serait un coup terrible de plus pour l'image et la réputation du gouvernement Ayrault, déjà entaché par les démélés de Madame Taubira avec sa propre admistration judiciaire. De surcroit, cela signifierait, la mise en quarantaine d'un des meilleurs ministres du moment. Tout cela intervient au moment où Pierre Moscovici et Jérôme Cahuzac vont se retrouver en première ligne à la suite de la saisine du conseil constitutionnel par les parlementaires. C'est Hervé Mariton qui a mené cette inititiative pour les députés et Roland du Luart au titre des sénateurs. Le dossier des parlementaires est tellement lourd et argumenté que les sages du Palais Royal ont été priés d'annuler leurs vacances et de se préparer à siéger à tout moment au cours des jours qui viennent. LES SAGES SAISIS SUR L'ISF Le texte de la saisine, auquel WanSquare a eu accès tire tous azimuts. Il attaque aussi bien la création d'une nouvelle tranche d'imposition à 45 %, que la modification du quotient familial ou la taxation des stock-options. Mais ses griefs les plus durs - et sans doute les plus solides - visent la création d'une tranche à 75 % pour les contribuables percevant plus d'un million d'euros de revenus. Les parlementaires y voient une atteinte au droit de propriété au sens de la déclaration des droits de l'homme et du citoyen, une rupture du principe de l'égalité devant l'impôt et une contravention au principe d'annualité de l'impôt. Enfin concernant l'ISF, les parlementaires démontent point par point le "faux" plafonnement mis en place par la nouvelle majorité, qui n'empêchera pas certains contribuables de payer plus de 75 % et même plus de 100 % de leurs revenus en impôts à compter de 2013. Au cours du dîner de l'Afep qui s'est tenu mardi dernier dans les locaux de l'association, dans une ambiance de bon aloi, le Président de la République est revenu sur ces aspects fiscaux à la suite d'une question posée par Henri de Castries, le patron d'Axa. Contrairement à ce que WanSquare laissait entendre dés mercredi matin, après avoir eu un compte-rendu précis de ce dîner par trois participants, François Hollande a clairement expliqué que la tranche de 75 % ne durerait que deux ans et pas plus de deux ans. Par ailleurs il a certifié qu'à l'issue de ces deux ans ne serait créée aucune nouvelle tranche intermédiaire. C'est dire si les questions d'exil fiscal des dirigeants et des forces vives commencent à préoccuper l'Elysée par l'ampleur qu'elles prennent et les conséquences économiques qu'elles risquent d'avoir. LA DOUCHE FROIDE DE L'INSEE A la suite de ce dîner Pierre Pringuet, le président de l'Afep, qui avait organisé avec soin cette rencontre, a rappelé à l'ordre l'ensemble des participants à ce repas avec le Président de la République, comme tous les autres adhérents de l'association patronale en leur rappelant qu'ils n'avaient pas le droit de rapporter à des journalistes les propos qui se tenaient dans ce cénacle très privé. Ce qui constitue, une forme d'hommage au travail d'investigation fait par WanSquare à l'occasion de chacune de ces rencontres. Sur le front économique, la note de conjoncture de l'Insee publiée en fin de semaine a jeté un grand froid en laissant envisager une croissance quasi atone pour le premier semestre de 2013. Avec une panne de l'investissement des entreprises et corrélativement une forte hausse du chômage, dont le taux pourrait atteindre 10,5 %. Même si la France échappe à la récession l'année prochaine, la croissance ne sera pas suffisante pour permettre aux recettes fiscales d'atteindre le montant prévu. De fait certaines voix commencent à expliquer que si le déficit budgétaire est supérieur, en fin d'année prochaine, à l'objectif de 3 %, ce ne sera pas un drame. C'est ce qu'a notamment affirmé, en fin de semaine, le commissaire européen Olli Rehn. JEAN-BERNARD LEVY PLEBISCITE Du côté des entreprises on s'attend pour 2013 à une croissance en panne dans l'ensemble du vieux-continent, à une croissance faible aux Etats-Unis, en raison de la fameuse falaise fiscale, et à un réamorcage de la pompe du côté des pays émergents où quelques trous d'air avaient pu être observés en 2012, notamment au Brésil ou en Inde. Dans ces conditions les embauches en France resteront très mesurées de la part des grands groupes. A la différence des PME. C'est la raison pour laquelle Michel Sapin veut faire en sorte que le contrat de génération puisse être mis en oeuvre à compter du premier janvier, même si les parlementaires ne votent le texte qu'à la mi février. La nomination de Jean-Bernard Lévy à la tête de Thalès a été unanimement saluée aussi bien à l'extérieur de l'entreprise, par les actionnaires et les investisseurs, qu'à l'intérieur où la contestation de Luc Vigneron était devenue très forte. L'ancien président du directoire de Vivendi bénéficie de toutes les qualités idoines pour diriger ce joyau de l'industrie européenne de l'armement. BADRE EN ROUTE VERS WASHINGTON Désormais la principale interrogation de la place de Paris porte sur la succession de Bertrand Badré à la direction financière de la Société Générale. Celui qui a ramené, en l'espace d'un an, la confiance des investisseurs à l'égard de la banque de la Défense, rejoindra en mars prochain un poste de choix au sommet de la Banque Mondiale. Selon les informations de WanSquare, Frédéric Oudéa privilégierait le schéma d'une succession en interne à travers la promotion de Philippe Heim, un ancien du cabinet de Jean-François Copé au Ministère du Budget. Du côté de Vivendi, il semblerait que de grandes manoeuvres sont en préparation. De sources bancaires, Jean-René Fourtou, le président du conseil de surveillance, préaprerait une série d'annonces stratégiques pour le mois de janvier. Contrairement aux spéculations du marché, il ne serait plus question de céder la filiale brésilienne GVT. En revanche, la vente de la participation de contrôle détenue chez Maroc telecom serait d'actualité. Avec France Telecom au premier rang des acheteurs potentiels. L'idée de Jean-René Fourtou, partagée avec Vincent Bolloré, portesur un recentrage autour des médias et des contenus. Ce n'est un secret pour personne que l'industriel breton surveille avec les yeux de Chimène, le sort réservé à Canal +.
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