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Yves de Kerdrel

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Les tractations s'intensifient à droite et les difficultés à gauche
par Yves de Kerdrel

Mardi, en principe, les parlementaires de l'UMP vont être consultés sur l'opportunité d'un nouveau vote pour la présidence du parti d'ici à fin juin prochain. Si Jean-François Copé campe sur ses positions, ses proches intensifient les discussions avec les fillonistes pour trouver une porte de sortie. D'autant plus que l'effondrement de la popularité de Jean-Marc Ayrault plombe toute l'action gouvernementale.
16/12/2012 - 08:05 Temps Lecture 8 mn.
Il y a clairement un problème Jean-Marc Ayrault. Même l'entourage proche du président qui l'a nié longtemps, le reconnait aujourd'hui. Il y a un problème d'autorité et de charisme qui se traduit par la multiplication des électrons libres au sein du gouvernement et les déclarations à l'emporte-pièce de Cécile Duflot, Arnaud Montebourg et maintenant Aurélie Filipetti. Il y a un problème de crédibilité, qui est sérieusement atteinte depuis l'affaire de Florange et même depuis l'annonce de la hausse de la TVA après toutes les déclarations contre la TVA anti-délocalisations de Nicolas Sarkozy. Enfin il y a maintenant un énorme problème de popularité, comme l'a montré le dernier sondage mensuel Ipsos-Le Point, de même que celui publié ce matin par le Journal du Dimanche. Jamais depuis l'épisode Cresson- Bérégovoy, la gauche n'a été confrontée à un tel problème de popularité-crédibilité. Bien sûr il faut faire attention aux décalages qui existent entre la popularité et le vote. Mais justement les scores parfois léonins, réalisés dimanche dernier au premier tour des trois premières élections partielles, par les candidats de l'UMP ont montré qu'il y avait actuellement un vrai front du refus contre la majorité gouvernementale. C'est là où le problème Ayrault, commence à préoccuper l'Elysée, dans la mesure où plus rien dans l'action du gouvernement n'est désormais audible ou crédible. Qu'il s'agisse du plan social de Florange qui n'aura pas lieu. Qu'il s'agisse du plan anti-pauvreté (même s'il n'est pas financé). Ou qu'il s'agisse de ce qui devait être la mesure phare du début de quinquennat : le contrat de génération. L'EVENTUALITE D'UNE DISSOLUTION C'est la raison pour laquelle à droite comme à gauche, plutôt que de miser sur un changement de premier ministre, d'aucuns commencent à parier sur une dissolution de l'Assemblée Nationale. Une technique très mitterrandienne que François Hollande reprendrait à son compte afin de recomposer une majorité composée des sociaux-démocrates du PS et des centristes. C'est ce qui justifierait les visites de plus en plus fréquentes de François Bayrou à l'Elysée. C'est ce qui incite aussi l'UMP à essayer de ressaisir. Selon les informations de WanSquare, aucun accord entre Jean-François Copé et François Fillon - qui n'ont pas repris leurs discussions bilatérales - n'est en cours de finalisation, mais des copéistes et des fillonistes continuent à négocier discrètement. "Ça négocie dur pour déminer le terrain d'ici à lundi soir et éviter le vote de mardi, mais pas au niveau de Copé ni de Fillon", nous a confirmé hier un proche du président élu de l'UMP. Si une consultation doit finalement avoir lieu ce mardi, a l'Assemblée, mais avec tous les députés et sénateurs UMP, convoqués par Bernard Accoyer, la question qui leur sera posée portera sur l'opportunité d'un nouveau vote pour la présidence du parti avant l'été 2013. "Le jour même où le calendrier de ce nouveau vote aura été acté irrévocablement, le groupe filloniste R-UMP devra disparaître et aucun recours en justice ne devra être engagé", stipulera la question posée lors de ce référendum à bulletins secrets. HOLLANDE DINE A L'AFEP Pour l'heure, si les deux camps sont d'accord sur le principe d'une direction collégiale et paritaire du parti et sur une réforme des statuts garantissant notamment l'organisation transparente des primaires en 2016, la principale pierre d'achoppement reste le calendrier d'un nouveau vote: François Fillon, qui ne serait plus candidat - laissant ainsi le champ libre à Xavier Bertrand, Bruno Le Maire, NKM, ou Laurent Wauquiez - exige qu'il ait lieu au plus tard fin juin, tandis que Jean-François Copé refuse pour l'heure qu'il se déroule avant les municipales de 2014. Une voie médiane pourrait être trouvée avant le début de la prochaine session ordinaire du Parlement, le 1er octobre 2013. Sur le plan économique la semaine va être marquée par deux évènements importants. D'abord mardi soir le dîner de l'AFEP au cours duquel l'association patronale présidée par Pierre Pringuet recevra François Hollande. Ce qui constitue une "grande première" dans la mesure où jamais un président en exercice n'est venu débattre avec la centaine de patrons les plus influents du Pays. Il sera question de compétitivité, de conjoncture, de la négociation Sapin en cours sur le marché du travail. Mais aussi beaucoup des questions de gouvernance, dans la mesure où le gouvernement a toujours sous le coude un projet de régulation des rémunérations, auquel vient s'ajouter une directive européenne en cours d'élaboration. ENFIN, LA LOI BANCAIRE... Au cours de ce dîner au cours duquel, François Hollande sera accompagné d'Emmanuel Macron, le secrétaire général adjoint de l'Elysée, il sera naturellement question de la nouvelle loi bancaire préparée par les services d'Hervé de Villeroche au Trésor, qui sera présentée par Pierre Moscovici au cours du conseil des ministres du 19 décembre. Cette loi protège le modèle de la banque universelle qui a montré sa résilience au cours de la crise récente tout en filialisant les activités spéculatives n'ayant pas de lien avec les besoins des grands clients des banques. La plupart des dirigeants de grandes banques estiment que la question aujourd'hui n'est plus dans ce projet de loi, très éloigné des déclarations "anti-finance" du candidat Hollande, mais dans le refus des banques américaines d'appliquer Bâle 3. Ce qui constitue une véritable distorsion de concurrence sur un marché, par nature, complètement mondialisé. En revanche, cette loi bancaire devrait comprendre, selon les informations de WanSquare un passage directement commandité par l'AMF qui fait grincer quelques dents. Ainsi, l'avant-projet de loi, que WanSquare a pu consulter prévoit de reconnaître aux enquêteurs du gendarme boursier le droit d'entendre les personnes lors des visites sur place. Une procédure qui a été récemment jugée incorrecte par la Cour d'Appel. A n'en pas douter, le texte tire les conséquences de la jurisprudence en prévoyant expressément que les agents de l'AMF pourraient mantenant recueillir des déclarations en dehors de la procédure d'audition. Il étend également les pouvoirs des contrôleurs pour les rapprocher de ceux des enquêteurs, notamment en leur permettant de se faire communiquer des documents utiles à leur mission. Mais il n'y a pas que cela. En l'état, la possibilité de procéder à des visites domiciliaires (sur autorisation d'un juge) est limitée aux enquêtes sur la transparence des marchés financiers, autrement dit relatives aux manquements d'initié, aux manipulations de cours, et à la fausse information financière. Cette possibilité s'ajoute à celle de visiter les locaux professionnels qui, elle, ne nécessite pas de décision judiciaire. Les visites domiciliaires pourraient être étendues à d'autres manquements, par exemple relatifs à la commercialisation des produits financiers. L'IMPASSE d'AXA PE Il sera également possible à l'AMF d'utiliser des identités d'emprunt dans le cadre de ses investigations sur Internet. Enfin, le texte crée un manquement autonome d'entrave destiné à sanctionner les personnes qui ne coopèrent pas à une enquête. A l'inverse, l'AMF réfléchit à mettre en place une procédure inspirée de la clémence pratiquée par l'Autorité de la concurrence. En d'autres termes, les personnes dénonçant un manquement auquel elles ont participé pourraient bénéficier d'une atténuation de la sanction. Mais cela ne figure pas encore dans l'avant-projet de loi. La fin d'année boursière s'annonce favorable. Un titre comme Axa en profite bien - mais nettement moins qu'Allianz. Surtout les investisseurs sont plus qu'intrigués sur l'impasse dans laquelle semble le groupe concernant son projet de cession d'Axa Private Equity. Alors que le management d'Axa a répété, maintes fois, que ce sujet serait réglé avant la fin de l'année... Autre sujet d'intérêt du marché, l'offensive de l'américain Nelson Peltz sur Danone, qui est prise très au sérieux Boulevard Haussmann. Au point d'accélérer les rachats d'actions et les mesures visant à limiter la dégradation de la marge opérationnelle.
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