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Renault après l'affaire Renault

Le groupe va devoir apprendre à vivre avec un état-major décapité, un patron sous surveillance, une image sociale en rade et surtout une marque dévalorisée.
L'affaire Renault est officiellement close depuis que les portes du conseil d'administration se sont refermées hier après-midi après trois heures de conclave. Trois responsables de la sécurité vont quitter le groupe. Trois cadres dirigeants sont relevés de leurs fonctions. Et la démission de Patrick Pélata, l'homme lige de Carlos Ghosn pour la France, a été acceptée alors qu'elle avait été refusée le 14 mars dernier. A cette occasion, on a même appris que la directrice des ressources humaines de Renault allait faire son entrée au comité exécutif du groupe. Qui pouvait penser qu'au sein de ce qu'on a longtemps qualifié de "laboratoire social" de la France, les ressources humaines n'étaient pas un sujet assez important pour être traité avec le même degré d'importance que les achats, le marketing, l'outil industriel ou la recherche et le développement ? La question qui se pose désormais, à toutes les parties prenantes du groupe comme aux actionnaires, est : que reste-t-il aujourd'hui de Renault ? Non pas le groupe, avec sa très lucrative participation de 43,4 % au capital de Nissan Motor (valorisation : 11,3 milliards d'euros). Mais le constructeur français, avec ses 2 millions de véhicules vendus l'an passé et griffés du célèbre losange. Des véhicules qui tirent de plus en plus la marque vers le bas, comme le démontre le quasi abandon du fameux segment D, celui de la Laguna, au profit du segment C, celui de la Mégane, voire surtout du segment B, celui de la Clio. L'an passé, les ventes du groupe réalisées au sein du très rémunérateur segment D ont représenté à peine 9 % des volumes vendus. De plus en plus Renault tente donc de vendre à des prix élevés des voitures low-cost fabriquées hors de France. Carlos Ghosn est convaincu que le salut de la marque au losange va venir du véhicule électrique. Mais il s'agit là d'une intuition que ne partagent ni les autres constructeurs automobiles, ni les investisseurs et peut-être pas les consommateurs, qui prèferont les véhicules hybrides au tout électrique qui fera le bonheur des seuls "bobos" urbains. Au total Renault, est aujourd'hui l'ombre de ce qu'a été ce groupe à la pointe de l'innovation sociale, industrielle et commerciale (avec l'incroyable succès de l'Espace ou celui de la Twingo). Son état-major est décapité. Son image est profondément affectée. Son patron est placé sous la surveillance étroite des pouvoirs publics. Il ne lui reste plus que deux piliers sur les trois qu'il comptait : Dacia, qui tire le groupe encore plus vers le bas en termes de valeur ajoutée, et Nissan, où le coeur de Carlos Ghosn bât bien plus qu'à Boulogne-Billancourt. C'est un problème pour les salariés, pour les clients et pour les actionnaires. L'affaire Renault est close. Le problème Renault, lui, ne fait que commencer.
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