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Banque-assurance / Actualité des sociétés

Goldman Sachs peut dire merci à la volatilité !

La banque américaine a publié des résultats trimestriels nettement supérieurs aux prévisions, et dégagé des revenus de plus de 10 milliards de dollars grâce à la belle performance du trading. Après une année 2017 ratée, elle profite de l’effet de la réforme fiscale et des soubresauts des marchés en ce début d’année.
Lloyd Blankfein - Goldman Sachs
Lloyd Blankfein - Goldman Sachs

L’exercice 2017 a de bonnes chances d’être le dernier sous sa direction, mais Lloyd Blankfein peut déjà se satisfaire de la performance de Goldman Sachs au premier trimestre. La banque américaine a ainsi largement dépassé les attentes en ce début d’année et fait bien mieux que ses pairs : elle a dégagé des revenus en hausse de 25% à 10,02 milliards de dollars – contre 8,74 milliards anticipés par les analystes – et un résultat net en progrès de 26% à 2,83 milliards de dollars, soit 6,95 dollars par titre – presque 1,5 dollar de plus que le consensus.

Contrairement à ses concurrentes, Goldman Sachs brille sur tous les plans lors de ce trimestre, et en particulier le trading qui a été boosté par les nombreux rebondissements des marchés. Le trading actions grimpe de 36% à 2,31 milliards de dollars grâce à une résurgence de l’activité des clients, des fees et bien sûr de la volatilité que la banque apprécie particulièrement. L’activité de fixed income a un peu moins bien performé mais reste en hausse de 23% sur un exercice 2017 particulièrement difficile, où l’institution avait pris de mauvais paris sur le dollar, les taux d’intérêt ou encore les prix de l’énergie.

Elle a également délivré sur les chantiers prioritaires fixés par le CEO : son activité de syndication de prêts grimpe de 25% et les revenus de la gestion d’actifs ont atteint un nouveau record, à 1,77 milliard de dollars. Surtout, Goldman Sachs a démontré sa solidité avec un retour sur fonds propres à 15,4%, soit son plus haut niveau en six ans et au-dessus du niveau de ses concurrentes, Bank of America (10,8%), Citi (9,7%) et même JP Morgan (15%).

Alors que Goldman Sachs était vivement critiqué pour ne pas avoir su se repositionner dans des marchés plus calmes où le trading était moins rémunérateur, elle profite donc à plein des rebondissements de ce début d’année, avec des craintes de guerre commerciale entre la Chine et les Etats-Unis, le resserrement monétaire de la Fed ou encore la crise des données personnelles de Facebook. Pourtant, le titre de la banque baisse de 1,4% ce matin en Bourse.

Tout comme ses pairs qui ont déjà publié des résultats trimestriels de bonne facture – JP Morgan, Bank of America, Citi et Wells Fargo – les investisseurs semblent circonspects sur les raisons d’acheter des financières, notamment dans un cycle de hausse des taux. Les banques US ont déjà largement profité du rallye boursier, elles ont surperformé les indices depuis l’élection de Donald Trump et affichent des valorisations similaires à celles de 2007. Si bien que les marchés manquent d’informations nouvelles qui justifient de nouvelles hausses des cours.

La réforme fiscale, plus grand accomplissement du début de mandat de Donald Trump, a déjà eu un impact sur les taux d’imposition des banques, notamment Goldman Sachs qui affiche un taux de 17,2% contre une moyenne de 30% ces dernières années. Et leur a aussi permis de rendre plus d’argent aux actionnaires, ce qui a fait grimper leur rentabilité. Néanmoins, les banques n’assistent pas – encore – à une résurgence des demandes de crédit de la part des entreprises grâce à ce cadeau fiscal. « Nous devons reconnaître que la réforme fiscale est dans ses prémices », a indiqué Marianne Lake, CFO de JP Morgan. En attendant de voir son impact en dollars sonnants et trébuchants, les investisseurs ont, en tout cas, choisi de s’abstenir.


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