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Les dossiers chauds s'apaisent chez Vivendi
Début 2018 on ne peut plus dynamique pour Vivendi, qui progresse déjà de plus de 10% depuis le début de l’année après un bond de 4,11% hier. Après avoir été bloqué sur plusieurs dossiers, le groupe dirigé par Arnaud de Puyfontaine semble effectivement sur le point de pouvoir enfin avancer. Sur le terrain transalpin tout d’abord où sa montée, à la hussarde, au capital de Mediaset lui a valu bien des soucis. A l’issue de nombreuses joutes judiciaires, la hache de guerre est manifestement enterrée entre le tout-puissant Berlusconi père et Vincent Bolloré. Les parties sont actuellement en train d’essayer de trouver un bon accord. A telle enseigne qu’elles ont demandé au juge milanais chargé de régler ce litige de reporter l’audience au 27 février. Le temps, à n’y pas douter, de finir de trouver un terrain d’entente.
Dès que Vivendi aura réussi à s’entendre avec les dirigeants et actionnaires de Mediaset, il pourra enfin mettre sur pied la JV envisagée avec Telecom Italia. Ce principe de JV reste d’ailleurs encore suspendu à l’aval du conseil d’administration de cette dernière, à la demande des administrateurs indépendants. Principe qui devrait être voté, très vraisemblablement à la fin du mois. Quant au manque d’information diffusé par Telecom Italia sur la position de contrôle de Vivendi, Rome et la justice sont en train de voir quel montant l’amende pourrait atteindre. La décision est imminente. Le gouvernement italien a également émis le souhait de voir Telecom Italia scinder son réseau fixe pour le mettre éventuellement en Bourse. Une idée à laquelle les dirigeants de l’opérateur télécoms ne sont pas opposés. Mais on peut supposer qu’ils feront tout pour conserver la main sur la gestion de cette entité scindée, dont le contrôle est essentiel pour pouvoir organiser son développement.D’ici là, les équipes dirigeantes de Telecom Italia ne chôment pas pour mettre en œuvre le plan de restructuration élaboré il y a un peu plus d’un an, avec au menu une réduction drastique des coûts et un redéploiement des activités principales. Celle qui fut un temps la plus grande entreprise télécoms d’Europe dispose d’un fort potentiel mais la transformation prendra encore du temps.
Bonne nouvelle enfin pour Vivendi et sa filiale Universal Music : la musique sur Internet a enfin trouvé son business model, les utilisateurs étant dorénavant décidés à payer. Ce qui donne à cette activité un réel potentiel de hausse et de nouvelles perspectives d’interactions avec les autres pôles du groupe.
Reste une ombre, celle d’Ubisoft où Vincent Bolloré n’a pas réussi à transpercer la muraille. Il s’est là aussi invité au capital du groupe de jeux vidéos, après avoir obtenu gain de cause sur Gameloft en pensant qu’il arriverait à ses fins de guerre lasse. Mais pour l’heure, force est de constater que la parade organisée par la famille Guillemot tient bon et ne permet pas à l’homme fort de Vivendi de mener à bien son souhait : celui, là aussi, de mixer contenants et contenus.
Quid de la consolidation des télécoms en France et d’une possible participation de Vivendi à ce mécano ? Si le groupe ne fait aucun commentaire sur le sujet, il semble évident qu’il ne restera pas simple spectateur si une vaste opération structurante devait être organisée. Mais à court terme, peu de mouvement est attendu. Pour une raison évidente : Stéphane Richard, à la tête d’Orange et candidat au renouvellement de son mandat, n’est pas assuré d’être maintenu. Du coup, il est hors de question d’imaginer une possible reconfiguration du secteur sans cet acteur majeur et Stéphane Richard n’est donc sûrement pas pressé de mettre en branle un projet dont il ne verrait pas l’aboutissement.
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