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Goldman Sachs se convertit au private equity
Le private equity a plus que jamais la cote, et même auprès des banques américaines, qui étaient traditionnellement ses concurrentes avec leurs produits de marché. Pour preuve l’une des plus prestigieuses d’entre elles, Goldman Sachs, vient de lever un fonds dédié au non coté : Petershill, une filiale appartenant à la division de gestion d’actifs de la banque américaine, a ainsi collecté 2,5 milliards de dollars afin de prendre des parts minoritaires dans des fonds de private equity, soit au-dessus de l’objectif de 2 milliards fixé initialement.
Mais le groupe dirigé par Lloyd Blankfein a une approche distincte du private equity : au lieu de placer l’argent de ses investisseurs pendant une dizaine d’années, en touchant des frais de gestion et une part sur les plus-values dégagées à la sortie, il a décidé d’adopter un horizon de long terme, à l’image de Warren Buffett. Cette enveloppe n’aura ainsi pas de date butoir pour les cessions. Mais comment faire tout de même tourner un portefeuille composé de parts de fonds ? Goldman Sachs compte les vendre au moment opportun aux gérants du fonds, à d’autres acheteurs secondaires voire même placer ces parts en Bourse afin de les rendre accessible aux investisseurs particuliers, ce qui n’est pas aujourd’hui le cas puisque la classe d’actifs est réservée aux institutionnels comme les fonds de pension et les assureurs, et aux très fortunés.
Petershill a déjà de très beaux rendements à son actif, puisqu’après avoir investi dans des hedge funds lors de son lancement en 2007, il a déjà rendu 2,5 fois sa mise, malgré les sérieux déboires qu’a connus le secteur depuis quelques années. Sentant le vent tourner, Goldman Sachs a eu le nez creux et a liquidé ses positions chez cinq gérants en 2016, pour 800 millions de dollars. Mais un fonds de 1,5 milliard de dollars géré par Petershill est toujours exposé aux hedge funds.
Goldman Sachs est entré dans le private equity en 2016, lorsqu’il a acheté une part minoriatre dans la firme Littlejohn & Co. Aujourd’hui, la banque américaine compte capitaliser sur le succès d’une industrie, où les levées de fonds ont connu un record historique à 627 milliards de dollars selon l’agent de placement Triago, et pourrait faire encore mieux et tutoyer les 750 milliards de dollars en 2018. D’autres mastodontes de la gestion d’actifs se positionnent eux aussi sur le non coté, à l’instar de BlackRock – le plus gros gérant d’actifs au monde – qui a annoncé au début du mois qu’il allait lever 10 milliards de dollars à investir sur le long terme, sur le modèle de l’oracle d’Omaha.
Les banques et gérants d’actifs marchent de plus en plus sur les plates-bandes d’un secteur où ont émergé d’énormes mastodontes, comme Blackstone, KKR ou Apollo. Dans le non coté comme ailleurs, la course à la taille bat son plein : Apollo et KKR ont augmenté leurs actifs sous gestion de 247 milliards de dollars à eux deux sur un an, et de 108 milliards pour Blackstone. Beaucoup s’inquiètent de cette frénésie de capitaux sous gestion, qui risque d’empiéter sur les rendements. Mais pour les firmes de private equity, « big is beautiful » car elles touchent de juteuses commissions de gestion, basées sur les montants gérés. C’est bien cette manne que viennent aujourd’hui chercher les grandes banques américaines.
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