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Brexit : Theresa May rassure sur le sort des résidents européens au UK
La Premier ministre britannique semble prendre le chemin du compromis avec ses partenaires européens, depuis que les négociations ont officiellement commencé ce lundi. Après avoir accepté le calendrier imposé par Michel Barnier, à savoir des discussions par étapes avec des thèmes prioritaires à régler d'ici au mois d'octobre, elle a de nouveau adopté un ton conciliant hier soir, à l'issue du sommet européen. Critiquée pour avoir cédé à l'UE lundi, beaucoup d'observateurs pro-Brexit et de médias britanniques espéraient qu'elle durcirait le ton lors de ce sommet. Les europhiles outre-Manche ont eux aussi affiché leur déception, estimant que la premier ministre n'avait pas assez donné de gages aux 3 millions d'européens résidant sur le sol britannique.
La proposition détaillée sera dévoilée lundi prochain, mais Theresa May en a donc donné les grandes lignes hier soir : ainsi les européens résidant sur le territoire depuis plus de cinq ans, au moment de la "cut off date", c'est à dire au moment où le droit européen ne s'appliquera plus sur le territoire, disposeront d'un statut de "permanent" ou "settled". Ce statut leur garantira les mêmes droits que les Britanniques en matière de santé, d'éducation et de couverture sociale. Ceux qui auront résidé depuis moins de cinq ans, devront attendre d'avoir habité cinq ans en Grande-Bretagne avant de faire la demande auprès de l'Etat pour obtenir ce fameux statut de "permanent". Dernier cas de figure, les européens qui seront arrivés entre la "cut off date" et la sortie officielle du Royaume-Uni. Ces personnes là disposeront d'une "période de grâce" de deux ans, au bout de laquelle ils pourront espérer faire les démarches pour demander à rester sur le territoire.
Les chefs d'Etats européens ont plutôt bien accueilli cette proposition sur le sort des expatriés au Royaume-Uni, qui fait d'ailleurs partie des questions prioritaires à résoudre avant début octobre. La chancelière allemande a ainsi affirmé qu'il s'agissait d'un "bon début", de même que le chef d'Etat autrichien. Mais plusieurs questions restent en suspens. Anne-Laure Donskoy, fondatrice du mouvement Les trois millions, destiné à protéger les droits des résidents européens a également affirmé sur la BBC que le plan de Theresa May n'était "ni juste ni sérieux".
L'un des sujets qui a notamment déçu les européens est celui de la compétence des institutions juridiques concernant le droit des résidents. L'UE plaidait pour que la Cour de justice européenne demeure compétente, alors que Theresa May a affirmé hier soir qu'il reviendrait aux Cours britanniques de s'occuper du droit des citoyens européens, à partir de la "cut off date". Date qui, par ailleurs, n'a pas été décidée et qui représente un autre sujet d'inquiétude. La Premier ministre britannique pourrait ainsi choisir mars 2019, soit deux ans après le déclenchement de l'article 50, mais les Européens préféreraient qu'elle corresponde à la date de sortie officielle du pays, qui pourrait être au-delà de mars 2019, si les discussions se prolongeaient.
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