Les réseaux bancaires français bousculés à l'international
L’extension du réseau bancaire sur les marchés émergents est en phase de stabilisation, d’après l’enquête Banking Emerging Markets du cabinet Nouvelles Donnes. En 2013, l’ouverture nette d’agences s’est ainsi élevée à 7,7%, après cinq années de ralentissement. Depuis 2007, c’est en Asie et en Afrique subsaharienne que l’expansion des réseaux a été la plus forte, avec respectivement 52 et 46% d’ouvertures nettes de points de vente. Sur la période 2013-2020, l’Afrique subsaharienne croîtra en revanche plus vite que l’Asie, à 42% contre 29%. Alors que l’ensemble des zones ont étendu leur réseau bancaire en 2013, l’Europe de l’Est est par ailleurs la seule zone économique qui réduit son parc d’agences, avec une baisse de 3,8% en 2013.
Malgré un ralentissement de l’expansion du réseau dans les marchés émergents, les banques les plus dynamiques au niveau mondial sont au contraire dans une phase d’accélération de l’extension de leur réseau. Ainsi, les 50 banques les plus dynamiques dans ce domaine ont ouvert environ 10.000 nouvelles agences, contre 8.863 en 2012 et 8.419 en 2011. A rebours, les banques européennes font preuve d’un dynamisme de plus en plus relatif.
Avec 900 nouvelles agences créées sur la période 2007-2013, portant leur total à 7.100 points de vente, les banques françaises ont vu les revenus de leurs agences stagner voire baisser sur ces marchés. Implantées à 70% en Europe de l’Est, les banques françaises doivent faire face à une concurrence accrue dans un marché fortement atomisé, où les douze premiers acteurs ne détiennent que 30% de parts de marché. L’Europe de l’Est est également en phase de rationalisation de son parc d’agences, ce qui n'est pas propice à l’augmentation globale des revenus. Point positif : les banques hexagonales sont parvenues à enrayer la baisse des revenus constatée depuis 2008, ce qui leur a permis de réduire l’écart de revenus par agence de 20 points de pourcentage par rapport aux acteurs locaux, à environ 1100 contre 1500 euros.
En Afrique du Nord et Afrique subsaharienne, elles sont de plus en plus concurrencées par les acteurs panafricains, avec le marocain Attijariwaffa en première ligne. Ces acteurs locaux affichent un dynamisme notable et parviennent à étendre leur réseau tout en augmentant les revenus de chaque point de vente. L'activité des banques françaises a, au contraire, légèrement diminué en 2013, à 1,2 million d’euros, en partie à cause de la montée en gamme des banques panafricaines, qui visent désormais les clients « corporate » et les classes aisées, autrefois chasses gardées des françaises. Même si elles disposent toujours d’un revenu par agence supérieur à la concurrence, la Société Générale et BNP Paribas sont les deux seules banques du top 10 à perdre des parts de marché sur l’espace économique du Franc CFA. Le poids des établissements française y est tombé de 3,3% en 2007 à 2,8% en 2013. Si ces acteurs souhaitent préserver leur niveau de revenus, aussi bien en Afrique qu'en Europe de l'Est, il leur faudra définir une «politique volontariste de développement via des acquisitions ou une rationalisation de leurs réseaux» conclut Jean-Marc Velasque, associé en charge de l'international chez Nouvelles Donnes.
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