Gaz, électricité, train : retour dans l'économie administrée
Le gouvernement entend limiter à 2% la hausse des prix du gaz, de l'électricité et des transports. Une mesure désuète et surtout dangereuse, dans la mesure où elle exonère les français des variations de prix mondiales.
Ce n'est pas une surprise. Mais ce n'est pas davantage une mesure particulièrement bien choisie. Le gouvernement a laissé envisager hier qu'il se proposait de limiter à 2 % la hausse des tarifs réglementés du train (hors TGV), du gaz et de l'électricité. De manière à faire en sorte que ces ajustements de prix ne soient pas supérieurs à l'inflation. C'est bien sûr une mauvaise nouvelle pour les distributeurs d'énergie et pour la SNCF, qui sont devenus par ailleurs des vaches à lait fiscales pour les pouvoirs publics. C'est surtout une mauvaise nouvelle pour l'ensemble du pays, qui retourne doucement mais sûrement vers cette "économie administrée", dont René Monory puis Pierre Bérégovoy ont réussi à la faire sortir. Pour trois raisons bien précises.
Primo : c'est une grave faute pour "l'Etat garant" qui, une fois de plus, renie sa parole. S'agissant des tarifs de l'énergie, c'est une commission indépendante, la CRE, qui est chargée de valider les variations de prix à partir d'une formule mathématique qui tient compte évidemment des évolutions du cours du baril ou du gaz naturel. Et les sages de cette commission doivent veiller à ce que les hausses de prix permettent à des groupes comme GDF Suez de ne pas subir de manque à gagner, compte tenu du prix auxquels ils s'approvisionnent.
Secundo : c'est évidemment une erreur pour "l'Etat-gérant" qui est actionnaire de GDF Suez ou d'EDF et qui fait passer l'intérêt éventuel de consommateurs et d'abonnés avant celui de l'ensemble des actionnaires. Il est normal que le gouvernement ait des préoccupations en matière de pouvoir d'achat. Mais il ne faudrait pas oublier que pour les foyers nécessiteux ou les personnes en grande difficulté, des tarifs sociaux ont été mis en place (pour le gaz, il est désormais utilisé par 800.000 ménages).
Tertio : le pire dans ce retour du "contrôle des prix" pour l'énergie ou le rail, n'est pas tant économique que philosophique. Cela revient une fois encore à faire croire aux français que l'on peut s'exonérer d'un prix mondial du gaz qui évolue tous les jours, d'une géopolitique de l'énergie de plus en plus complexe, et de prix des carburants (quels qu'ils soient) condamnés à grimper. Alors qu'au même moment, le gouvernement doit faire passer le message que la France est soumise à une contrainte extérieure de plus en plus forte, qui l'oblige - heureusement - à remettre de l'ordre dans ses finances publiques et à tenter de contenir sa dette. Difficile, dans ces conditions, de s'y retrouver!
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17/09/2021 - 10:31

