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Indicateurs macros / Macro-économie

L'indice PMI français au plus haut depuis 6 ans, mais...

L'indice PMI a atteint 57,4 en avril, un plus haut depuis que les enquêtes existent pour l'Hexagone. Si ces résultats traduisent une nette amélioration du climat économique, les données réelles d'activité ne suivent pas. Explications de ce décalage. 
France - Paris - Elysée - drapeau français
France - Paris - Elysée - drapeau français

Les incertitudes politiques n'ont visiblement pas affecté le moral des directeurs d'achat français, interrogés comme tous les mois par Markit, qui a publié ce matin les résultats de son enquête: l'indice composite de l'activité globale s'est ainsi redressé à 57,4, en avril contre 56,8 en mars, un plus haut de près de six ans pour l'Hexagone.  "L'indice est extrêmement positif et rejoint toute une série d'enquêtes dévoilées ces derniers mois, dont celle de la Banque de France, qui soulignent également le degré de confiance des entreprises et du consommateur", explique ainsi Geoffrey Minne, analyste chez ING.

Et, alors que l'indice composite masque parfois des écarts de performance entre  les différents secteurs d'activité, l'amélioration est cette fois-ci généralisée:  l'indice a ainsi progressé dans les services, à 57,7 mais aussi pour la production manufacturière à 56 et l'industrie, à 55,1. Une amélioration qui résulte notamment du renforcement de la demande client, qui a permis de soutenir l'emploi et le volume d'affaires en cours, selon les directeurs d'achats interrogés. Qui sont également très positifs pour les mois à venir, anticipant une hausse de l'activité , soutenue par la faiblesse de l'euro, dans une conjoncture plus favorable à l'issue de la période électorale. 

Si le FMI a conforté ce vent d'optimisme cette semaine, et révisé ses prévisions de croissance en hausse de 0,1 à 1,4% pour cette année, il reste que les données d'activité de la France publiées depuis janvier sont à la traîne par rapport à l'euphorie des enquêtes et indicateurs avancés. Ainsi, la production industrielle est dans le rouge sur les trois derniers mois et la consommation des ménages a reculé, certes en raison de la baisse de leur facture électrique mais également à cause du repli des achats de produits manufacturés. Et si le commerce a progressé de 1,6% en février, il s'est effondré de 7,6% sur le premier mois de l'année et la balance commerciale a atteint en janvier son plus bas niveau depuis janvier 2000. "Ces données plutôt médiocres côté activité pèsent plus lourdement dans la balance que les résultats favorables des enquêtes", explique ainsi Hélène Baudchon, analyste chez BNP Paribas, qui souligne un risque à la baisse de leur scénario de croissance au premier trimestre (estimé à 0,4% pour le moment).

Comment expliquer, dès lors, un tel décalage entre de très bonnes enquêtes de confiance et une croissance, qui devrait certes accélérer mais dans de moindres proportions? "Les PMI sont des indicateurs avancés", explique Geoffrey Minne d'ING. "Ce qui signifie qu'ils sont basés sur des perspectives à venir. Selon les directeurs d'achat interrogés donc, la tendance se renforce, et les chiffres réels traduisent bien eux aussi une amélioration de conjoncture", poursuit-il. Mais, tempère t-il, ce décalage entre de très bonnes enquêtes et une croissance qui reste "poussive", peut également signifier que l'économie française n'est plus capable de progresser au même niveau qu'avant et que les acteurs économiques doivent désormais se contenter d'un rythme situé aux alentours de 1,5%. "L'écart constaté entre enquêtes et données réelles signifierait qu'on est bien dans une phase positive mais qu'il faut s'en contenter, et que la croissance française est actuellement en haut de cycle". Ce qui serait inquiétant selon l'analyste. Puisqu'une croissance de 1,1% en 2016, 1,3% en 2017 et 1,7% en 2018 selon les prévisions d'ING ne permettra pas de créer suffisamment d'emplois pour faire baisser durablement le niveau de chômage.

A ce titre, la publication du chiffre de croissance pour le premier trimestre la semaine prochaine sera une donnée importante pour permettre de réajuster les anticipations des analystes et modérer les très bons résultats des enquêtes de confiance depuis le début de l'année. 

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