De plus en plus difficile de créer de la richesse mondiale!
Selon le rapport d'Allianz, les pays les moins riches rattrapent leur retard, avec une hausse de leurs actifs de 38% depuis 2007. Mais les crises et soubresauts des marchés depuis 2000 ont terni les rendements.
Très lentement mais sûrement, la répartition de la richesse mondiale évolue. Allianz a publié son rapport annuel sur l'évolution des actifs financiers et de l'endettement privé des pays, et les a classés en 3 catégories: les plus riches par habitant (US, UK, France, Allemagne, Singapour, Canada etc), les moyens (Grèce, Irlande, Malaisie, Mexique, Corée du Sud, Espagne etc) et les moins aisés (Brésil, Chine, Inde, Pologne, Russie, Turquie etc).
Un constat de prime abord: l'égalité financière dans le monde est encore loin d'être d'actualité. 85% des actifs financiers nets sont encore aux mains de ménages privés dans les Etats les plus riches, qui ne représentent pourtant que 18% de la population mondiale. Pourtant, le rattrapage se fait peu à peu: la richesse par tête a grimpé de 16% par an dans les pays les moins aisés, soit huit fois plus vite que chez les plus riches. Mais au départ, le fossé entre eux est abyssal: ente 32 000 et 87 400 euros par habitant en moyenne en Amérique du Nord, Europe de l'Ouest et Océanie, contre 2 430 à 6 620 euros en Asie, Amérique Latine et Europe de l'Est. Néanmoins, l'Europe de l'Ouest a enregistré la plus faible croissance en 2011 et depuis 2000, signe que la crise de l'euro commence à faire des dégâts.
Du côté de l'endettement privé également, des différences de comportement se font jour. Sans surprise, les pays les plus riches regroupent 80% de la dette privée, mais celle-ci ne grimpe que de 0,6% par an depuis quatre ans, contre 21% pour les moins aisés. Mais ceux-ci, avec un ratio de dette privée sur PIB de seulement 27,3% sont encore loin de la moyenne mondiale, à 67%. Les structures d'actifs divergent également sensiblement. Dans les pays riches, les actifs sont répartis entre dépôts, cotisations et assurances, et actions-obligations, avec une domination de cette dernière catégorie. Chez les plus pauvres en revanche, ce sont les dépôts bancaires, plus liquides et accessibles, qui priment encore largement (63% des actifs).
Mais investir sur les marchés ne s'est pas révélé si juteux que ça. L'escalade de la crise de la zone euro, et la dégringolade des marchés pendant l'été 2011, ont entraîné de lourdes pertes pour l'Europe du Sud. Des taux d'intérêt historiquement bas ont abouti à des rendements réels négatifs, si bien qu'il est très difficile pour un épargnant de trouver des opportunités d'investissement intéressantes. En outre, la volatilité est restée forte sur les marchés, en raison de l'incertitude sur l'issue de la crise en Europe. Ce contexte a influencé le comportement des investisseurs, qui ont privilégié la liquidité et la sécurité, plutôt que le rendement maximal. Enfin, dans les pays émergents se pose le problème du financement des retraites à cause d'une démographie galopante. A long terme, les cotisations dans ces pays pourraient ne plus suffire à subvenir aux besoins de la population dans ses vieux jours.
Globalement, la création de richesses s'essouffle. Les actifs financiers n'ont grimpé que de 1,6% en 2011, soit 103,3 trillions d'euros, contre une moyenne de 4% depuis 2000. C'est à peine plus que l'inflation sur cette période (3,1%), mais c'est surtout plus lent que la croissance mondiale, 5,1% par an en nominal. Au final donc, l'enrichissement mondial s'est avéré décevant depuis le début du millénaire, les successions de crises (bulle Internet, chute de Lehman Brothers) ont terni les rendements, qui auraient dû tirer les actifs financiers autour de 130 trillions d'euros aujourd'hui. Et comme Allianz le souligne très justement, le temps presse: "plus on met de temps à restructurer les marchés financiers et à trouver une solution à la crise de la zone euro, plus on prend de risques de perdre une génération entière d'épargnants".
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17/09/2021 - 10:31

