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Les start-up confrontées à une internationalisation très onéreuse

En France, la création de start-up est en forte croissance depuis plus de dix ans. Pour ces jeunes pousses de plus en plus nombreuses, s’implanter à l’étranger fait partie intégrante de leurs business plan, une démarche périlleuse qui coûte cher. Le groupe BPCE a décidé d’analyser ce phénomène pour mieux les accompagner.
Start-up
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Banque Populaire et Pramex viennent de lancer, en partenariat avec l’Université Paris-Dauphine, un baromètre sur l’internationalisation des start-up françaises pour faire émerger les principales caractéristiques et tendances de ces sociétés qui osent. L’étude se base sur un échantillon de 1919 start-up françaises – soit près de 20% de l’ensemble des start-up recensées dans l’Hexagone – concentré pour les deux tiers en région Ile-de-France. Bien que la définition d’une start-up fasse encore débat, les auteurs ont décidé de se baser sur trois caractéristiques simultanées : une croissance très forte – anticipée grâce au recrutement des salariés –, une IPO réussie ou en cours et un modèle basé sur une technologie ou sur un mode de commercialisation innovants. Grâce aux données collectées, l’étude fait état de la dynamique positive du marché français en matière d’implantation.

Si nos start-up s’internationalisent plus, c’est aussi parce que notre écosystème est en pleine effervescence. Depuis 2006, le nombre de créations de start-up françaises a augmenté de 20% par an en moyenne. Mais contrairement aux PME ou aux TPI, l’internationalisation est un objectif intrinsèque : cette dynamique est si forte qu’en 2016, ces jeunes pousses sont à l’origine de plus de 20% des projets de création de filiales étrangères menés par les sociétés françaises. En effet, la mondialisation et la concurrence imposent un rythme effréné à ces nouvelles sociétés innovantes. Il faut aller vite pour conquérir des parts de marché. A l’heure du digital, l’ensemble des techniques est à disposition de tous mais c’est la mise en œuvre qui compte, le marché ne retenant souvent que le premier.

Ainsi, la première création de filiale à l’international intervient en moyenne au bout de 4 ans d’existence. D’autre part, alors que les décisions prises par l’entreprise dépendent souvent de la structure de son leadership, le profil type du créateur de start-up est un jeune entrepreneur ambitieux qui compte déjà de nombreuses expériences à l’étranger (Erasmus, Volontariat International en Entreprises) et voit au-delà des frontières.

Les start-up françaises qui s’implantent à l’international restent séduites par des marchés proches : 42% ont lieu dans un pays européen, le Royaume-Uni en tête (12,5%). Un quart des implantations est réalisé aux Etats-Unis ce qui en fait néanmoins la première destination. Plus en détails, c’est Londres puis New York et San-Francisco qui sont en tête alors que Montréal, Singapour et Hong Kong restent à la traîne. Depuis 2015, ces sociétés françaises aux ambitions affirmées nourrissent également un intérêt accru pour l’Allemagne (Berlin, Hambourg) et l’Espagne (Madrid, Barcelone). Par ailleurs, si l’internationalisation des start-up françaises concerne a priori tous les secteurs d’activités, le marketing (MarTech) et la publicité digitale (AdTech) se distinguent nettement, totalisant 33% des implantations en 2016, selon le baromètre.

Si le développement international est inscrit dans les gênes de ces jeunes acteurs, il leur coûte cher. Le budget moyen pour une implantation internationale est de l’ordre de 500.000 € et il faut compter double si l’on veut traverser l’atlantique. Etant donné l’investissement recquis, il est presque impossible pour une start-up de se financer sans une levée de fond. Et les montants grimpent vite avec le nombre de filiales que la société souhaite créer. D’après l’étude du groupe BPCE, l’internationalisation d’une start-up française dans 2 à 4 pays de l’UE nécessite environ 7 millions € (12,6 M€ pour une création équivalente de filiales aux Etats-Unis). C’est d’ailleurs un sujet que le groupe BPCE connaît bien puisqu’il a créé une série de produits bancaires et financiers pour accompagner et financer le développement des start-up à l’étranger dont Next innov et Innnov&Plus capables de lever jusqu’à 7,5 millions d’euros.

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