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La confiance des entreprises mise à mal
La fête est-elle vraiment finie comme l’anticipent plusieurs experts depuis la fin de l’année dernière ? Pas facile de se faire une idée exacte de la situation actuelle tant certains paramètres se révèlent contradictoires. Si les perspectives économiques mondiales demeurent solides et que la hausse des matières premières, pétrole en tête, permet à nombre de pays d’Amérique latine ou africains d’aborder l’avenir avec plus de sérénité, « des signes avant-coureurs de fin de cycle apparaissent dans les pays avancés », prévient Coface. Parmi ses principaux sujets d’inquiétude : le risque protectionniste. « On est encore au niveau des annonces, mais les entreprises sont inquiètes et si des mesures protectionnistes devaient réellement être mises en place, on pourrait assister à une escalade vers une potentielle guerre commerciale mondiale », estime Sarah N’Sonde, responsable des analyses sectorielles à la Coface.
« Habituellement, le cycle de l’économie américaine est en avance sur ceux de la zone euro et des pays émergents. Si la confiance des entreprises et le taux d’utilisation des capacités de production US laissent présager une durée record du cycle actuel, la chute des profits des entreprises (-10% sur un an à fin 2017) et le risque de surchauffe du marché du travail sont annonciateurs d’un changement de phase », ajoute la société d’études économiques. Et de donner comme exemple l’essoufflement du mouvement baissier des défaillances de sociétés qui devrait passer de -8% en 2017 à -7% en 2018 en zone euro et de -6% à -5% aux Etats-Unis.
Côté pays, Coface a réévalué trois pays et dégradé trois autres. Les trois améliorations concernent le Nigéria (8ème exportateur mondial de pétrole) qui profite de la hausse des hydrocarbures dans un contexte de demande mondiale accrue, l’Afrique du Sud en raison de la hausse de ses exportations dans le domaine de la chimie et du papier et le Portugal qui bénéficie d’une croissance extrêmement dynamique et d’un marché du travail en net redressement. A l’inverse, des matières plus chères pénalisent les pays importateurs comme la Tunisie. L’inflation y a aussi atteint 7%, impactant la consommation des ménages. L’évaluation du Costa Rica est également dégradée. Le déficit budgétaire du pays devrait atteindre 6,5% en 2018. Quant à la dette publique, elle est attendue aux alentours de 48,8% contre 29,8% en 2011. Troisième pays à pâtir des conclusions des analystes de Coface : la Suède qui subit une détérioration de son marché immobilier et un fort endettement de ses ménages.
Si l’on s’intéresse aux secteurs susceptibles d’être plus particulièrement pénalisés par d’éventuelles mesures protectionnistes, on voit que les métaux, la distribution et le textile sont relativement mis en exergue aux Etats-Unis (avec même un risque très élevé d’impayés pour le textile). En Europe de l’Ouest, Coface pointe un risque élevé d’impayés pour l’énergie, les métaux, le papier et le textile. L’Amérique latine est encore plus à la peine avec un même risque d’impayés pour l’agroalimentaire, la chimie, la construction, l’énergie, les métaux, le textile, les transports et le bois…
Ce qui n’empêche pourtant pas la société d’études économiques d’anticiper une croissance mondiale soutenue de 3,2% pour cette année.
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