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Vallourec sur le chemin de la convalescence

Le fabricant de tubes sans soudure a connu une nette amélioration de son résultat brut d'exploitation en 2017, grâce à un chiffre d'affaires en belle progression et de notables économies de coûts. La volatilité constatée tant sur les prix du baril que des devises ne permet pas, toutefois, de se montrer serein pour les mois à venir. Même si Philippe Crouzet estime que son groupe est dorénavant sur de meilleurs rails.
Philippe Crouzet - Vallourec
Philippe Crouzet - Vallourec

On se demandait si Vallourec allait pouvoir profiter, dès 2017, de la remontée des prix de l’or noir intervenue dans le courant du deuxième semestre : Philippe Crouzet, son patron, a rompu le silence ce soir après clôture en annonçant des résultats en nette amélioration par rapport aux deux précédentes versions. Le résultat brut d’exploitation est ainsi revenu (certes de justesse) dans le vert à hauteur de 2 millions d’euros, à comparer à une perte de 219 millions d’euros l’an passé. A l’origine de cette performance : un chiffre d’affaires en augmentation de 26,5%, grâce essentiellement à la très belle dynamique nord-américaine de la deuxième partie de l’année ; une marge industrielle de 453 millions d’euros, en progrès de 214 millions (en intégrant notamment des reprises de provisions pour 81 millions d’euros), et des économies de coûts plus importantes que prévu. Tout en bas du tableau, le résultat net part du groupe reste quand même dans le rouge avec une perte de 537 millions d’euros à comparer à un précédent déficit de 758 millions.

Parmi les points forts à retenir : la très nette reprise de la production expédiée, qui a totalisé 2,25 millions de tonnes, en croissance de 76% sur 2016, après prise en compte des activités chinoises de Tianda. De même, la mise en œuvre du Plan de Transformation à 2020 a-t-elle pris de l’avance sur les prévisions initiales. De la sorte, 315 millions d’euros d’économies brutes ont déjà été générées en 2 ans, à comparer à un objectif de 400 millions en 5 ans. En parallèle, 50% de la contribution additionnelle au RBE (de 750 millions) a déjà été atteinte en l’espace de 2 ans.

Autant d’éléments qui font dire à Philippe Crouzet que la société s’est remise sur de bons rails, tout en faisant preuve de prudence. Car pour lui, tous les signaux ne sont pas au vert. La forte volatilité constatée, tant sur les prix du baril de pétrole que sur les devises, laisse planer une zone d’incertitude. De même fait-il remarquer que si les appels d’offres sont redevenus plus nombreux, ils ne se traduiront pas immédiatement en argent sonnant et trébuchant, compte tenu des délais à prévoir pour les commandes et les livraisons.

Il mise toutefois sur la poursuite d’une belle activité aux Etats-Unis. « Nous bénéficierons de conditions de marché favorables et du plein effet de la croissance des volumes et des augmentations de prix enregistrées au 2ème semestre 2017 », lance-t-il. Par ailleurs, il devrait profiter de l’ouverture du marché brésilien à de nouveaux opérateurs pour s’engouffrer encore un peu plus dans la brèche. Enfin, priorité sera de nouveau donnée aux économies de coûts visant à renforcer la compétitivité de Vallourec. Le numéro un du groupe reconnaît cependant que 2018 ne devrait pas encore permettre de voir le cash-flow revenir dans le vert. Même si le pétrole confirme son mouvement de reprise, il faudra quand même attendre 2019 avant d’en voir le plein effet sur la rentabilité nette de l’entreprise. Il sera alors bien temps pour l’action de retrouver, elle aussi, le chemin de la hausse en Bourse, après un parcours bien douloureux pour ses actionnaires : (-63% sur 3 ans ; -80% sur 5 ans).

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