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Belvédère sera-t-il le phénix de la Bourse ?

Une nouvelle direction vient tout juste d’arriver. Elle est composée de professionnels reconnus du monde de l’agroalimentaire et des boissons. Ceux-ci viennent de présenter les nouvelles ambitions d’un groupe qui doit oublier son passé tumultueux.
sobieski
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Belvédère, le grand spécialiste des spiritueux va-t-il enfin connaître une période apaisée ? Après avoir longtemps défrayé la chronique en raison d’une gouvernance assez atypique et d’une guerre de tranchée entre ses dirigeants et ses créanciers, le groupe tente aujourd’hui d’apparaître comme une entreprise « normale ». Il faut dire qu’elle n’a plus rien à voir avec son récent profil : un accord a finalement été trouvé pour solder l’énorme dette de la société, la structure de direction a été modifiée pour la rendre bicéphale, les anciens dirigeants sont partis et une nouvelle équipe vient d’arriver. De même qu’un actionnaire, Diana Holding, qui, sans être de référence du haut de ses 13%, a décidé de venir épauler l’entreprise en mal de partenaire stable.

Pour diriger ce « new » Belvédère, un ancien responsable de Lactalis Jean-Noël Reynaud aidé en cela par un ancien de Bisquit Cognac, Stanislas Ronteix. Mais aussi un nouveau conseil d’administration dirigé par Benoît Hérault avec notamment deux représentants de Diana Holding, et de nombreux administrateurs indépendants dont Constance Benqué, présidente de Lagardère Publicité ou Christine Mondollot qui a récemment dirigé Virgin France.

Conscient du travail qu’il a devant lui, Jean-Noël Reynaud présentait hier à la communauté financière et la presse son nouveau plan d’attaque pour redresser l’image mais aussi les finances d’un groupe maltraité durant de nombreuses années. Il s’est notamment fixé deux objectifs pour 2018 : une marge d'Ebitda comprise entre 12% et 15% et une croissance de ses métiers coeurs (la vodka, le whisky William Peel, Marie Brizard et la gamme Fruits & Wine) comprise entre 25% et 35%. Pour s’en donner les moyens, le groupe va être entièrement remodelé grâce, tout d’abord, à la vente d’actifs non rentables. Il envisage ainsi de céder ses activités de grossiste et de producteur en Pologne. Il va aussi se délester de biens immobiliers, dont le site historique de Bordeaux. Cessions qui devraient d’abord réduire de 120 millions d’euros le chiffre d’affaires du groupe avant de générer une hausse de 10 millions de l’Ebitda sans parler du fruit des ventes immobilières (20 millions d’euros envisagés).

Enfin, le groupe a prévu des investissements autofinancés de 50 à 60 millions d'euros entre 2015 et 2018 dans ses segments phares que sont la vodka mais aussi le scotch Whisky et le vin aromatisé. Il entend également faire le forcing aux Etats-Unis, en Lituanie, en Espagne et au Brésil. « Belvédère est une belle endormie que je compte réveiller », a assuré le nouvel homme fort du groupe. Celui-ci est toujours en situation de plan de continuation mais a vu sa dette nette revenir à 86 millions d’euros qu’il envisage d’apurer via un remboursement anticipé. Il compte aussi sur Diana Holding pour organiser des synergies commerciales. A voir d’ailleurs si ce spécialiste des spiritueux dans les pays du Maghreb va se contenter de cette participation de 13% très longtemps. En attendant, ce nouveau plan n’a pas enthousiasmé les analystes : l’action Belvédère a dévissé de 6,61% hier.

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