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PAI Partners réplique le succès Yoplait avec les biscuits BN

Le fonds de private equity, co-actionnaire avec Blackstone, a vendu United Biscuits au turc Yildiz Holding, démontrant l'intérêt des sorties industrielles dans ce secteur. Une sortie bienvenue pour le français, en pleine levée de fonds.
PAI Partners
PAI Partners

Les biscuits BN, Delacre et Mc Vittie's passent sous pavillon turc. PAI Partners et Blackstone, qui avaient racheté le groupe britannique en 2006 pour quelque 1,6 milliard de livres, l'ont revendu au groupe Yildiz Holding, détenteur de la marque Godiva. Le prix n'a pas été officialisé mais serait supérieur à 2 milliards de livres selon des personnes proches du dossier.

Cette issue est un véritable succès pour les deux fonds de private equity actionnaires, qui avaient déjà tenté de vendre la société en 2010 au chinois Bright Foods, fonds filiale du géant Lenovo et spécialisé de l'agroalimentaire. Les discussions avaient alors achoppé sur le prix, et les actionnaires avaient décidé de scinder les activités snacks et biscuits pour faciliter leur sortie. Bien leur en a fait: KP Snacks a été cédée à Intersnacks fin 2012 pour un montant qui serait supérieur à 400 millions de livres, et plusieurs acteurs se sont bousculés pour reprendre la division biscuits, dont en début d'année, le fonds Hony Capital, filiale du géant Lenovo, ou encore récemment Kellog Company ou Burtons Biscuits. L'affrontement entre industriels, capables de dégager des synergies opérationnelles de l'intégration de nouvelles marques, a donc permis d'optimiser la valorisation et ainsi de dégager un TRI très satisfaisant.

Or, United Biscuits est symbolique de l'appétit de PAI Partners pour les pépites de l'agroalimentaire. L'ancien propriétaire de Yoplait avait, on se le rappelle, choisi de vendre la majorité du capital du fabricant de yaourts à l'américain General Mills en 2011, à nouveau au détriment de Bright Foods. Cette fois, la dimension stratégique de l'actif français, codétenu par la coopérative Sodiaal, l'avait emporté sur les considérations de prix car le chinois avait été le plus offrant. Depuis, il a renforcé son exposition au secteur, en rachetant le fabricant de glaces R&R Icecream l'an passé, puis la fameuse marque française de produits gourmets, Labeyrie, rachetée à LBO France cet été.

Le fonds emmené par Lionel Zinsou a ainsi mis rapidement au travail une partie des capitaux obtenus en début d'année lors du premier closing de son fonds, à 1,4 milliard d'euros. Reste à doubler l'enveloppe pour finaliser cette levée de fonds, la première depuis que la société de gestion avait été confrontée au déclenchement de la "keyman clause", qui avait conduit à la division par deux de son véhicule, à 2,7 milliards d'euros. De nombreux mastodontes du métier sont actuellement à la recherche de capitaux en Europe: Carlyle, KKR et Apollo enchaînent eux aussi les roadshows et ambitionnent de lever 3 milliards d'euros chacun destinés au Vieux Continent. La concurrence sera rude mais les Limited Partners sont toujours dans une logique de diversification des risques vers le non coté, et les récentes sorties de PAI Partners, que ce soit la vente d'un bloc de 9% dans Atos ou la cession du groupe de services aéroportuaires Nuance, devraient jouer en faveur de sa réputation d'investisseur "successful".


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