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Chine: les autorités démunies face à l'effondrement de la bourse

Les autorités chinoises ont fermé les bourses du pays au bout de 15 minutes de cotation aujourd’hui, après que les deux principaux indices ont chuté de 7% et 8%. Selon les analystes, cet effondrement lié à des éléments techniques est le signe de craintes plus profondes quant au changement de modèle économique chinois.  
Chine
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Nouveau coup de grisou sur la bourse chinoise ce jeudi : l’indice SCI 300 s’est effondré de 5% au bout de 12 minutes de cotation, contraignant les autorités du pays à stopper les cours de bourse pendant un quart d’heure, conformément au nouveau système de "stock breaker" instauré en début de semaine. Mais deux minutes après la réouverture des marchés, l’indice perdait 7% et la bourse fermait définitivement. La cotation n’aura donc duré que 15 minutes au total, le mécanisme de « disjoncteur » ayant accentué la rapidité du mouvement baissier. Seules 35 sociétés ont vu leurs cours monter pendant ce court quart d’heure, quand 1700 autres ont connu des baisses de plus de 10%, soulignant l’ampleur de la déroute. Dans le même temps, le yuan chutait contre le dollar (de plus de 1,6% depuis le début de la semaine), amenant les autorités du pays à abaisser le cours de leur devise contre le billet vert. Tout comme lundi, l’effondrement chinois a entraîné l’ensemble des places européennes dans son sillage. A la mi-journée, le Dax perdait plus de 3,6% tandis que le Cac s’enfonçait de 2,9%, l’indice espagnol de 2,71% et le Footsie de 2,7%.

Les mécanisme mis en place pour tenter de mieux maîtriser les échauffements boursiers ne semblent pour le moment pas fonctionner, et les autorités encore démunies face aux turbulences de ce début d’année. Faut-il pour autant s’attendre à une répétition du mois d’août et quels sont les outils à disposition du régulateur chinois (CSRS) pour enrayer ce mouvement baissier ? Selon Wendy Liu, responsable de la recherche Chine chez Nomura, le CSRS pourrait décider d’élargir le seuil de baisse à partir duquel les cotations sont stoppées. « Si le mécanisme se transforme en instrument à volatilité, il est possible que les autorités décident de le modifier », explique ainsi la responsable de Nomura. Ainsi aux Etats-Unis et en Corée où de tels instruments existent, les seuils pour décider de la fermeture sont respectivement de 10% et 15%. « « Même lorsque les bourses baissent, il continue d’y avoir des acheteurs, il serait dommage de leur empêcher l’accès aux marchés trop rapidement », poursuit-elle. En milieu d'après-midi, le CSRS annonçait avoir suspendu le mécanisme, selon des informations parues sur Weibo (l'équivalent de Twitter en Chine) et reprises par Bloomberg. Ensuite, les autorités ont désormais annoncé la prolongation de l’interdiction de vendre pour les plus gros actionnaires, qui devait initialement prendre fin demain. Ce qui devrait empêcher un trop fort mouvement de "sell off" dans les prochaines semaines.

Mais l’effondrement du marché chinois, a priori déclenché par des facteurs techniques, masque en réalité des craintes plus profondes au sujet de l’économie du pays. « La Chine est en train de passer d’un modèle basé sur la manipulation des taux de change, les exportations à outrance et le crédit à l’économie, à un système guidé par les marchés et la consommation. Et cette transition se passe mal car le ralentissement des investissements n’est pas compensé par la consommation », explique ainsi Eric Bourguignon, directeur de la gestion taux et crédit chez Swiss Life. Ce ralentissement économique suscite la crainte des investisseurs étrangers et entraîne depuis un an et demi d’importants mouvements de sorties de capitaux, contraignant les autorités à puiser dans leurs réserves de change pour empêcher un effondrement de la devise. Selon des chiffres officiels publiés aujourd’hui, les réserves de change du pays ont ainsi diminué de 38 milliards de dollars en décembre. « Un des gros problèmes de la Chine aujourd’hui est que le pays a été habitué à devoir freiner la hausse de sa devise ; or, il doit désormais vendre du dollar pour éviter l’effondrement du yuan, un phénomène très nouveau », explique encore Eric Bourguignon. Selon lui donc, la volatilité devrait continuer d’être importante, et les bourses mondiales secouées, le temps que les régulateurs trouvent une parade plus efficace pour rassurer les investisseurs. Et que le ralentissement économique chinois soit mieux intégré par les autres places de marché.

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