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Victoire de Trump: les agences de notation en mode "wait and see" 

Les agences de notation estiment que la victoire de Trump ne devrait pas avoir d'impact à court terme sur la notation du pays, qui dispose d'une économie diversifiée et d'institutions solides. Mais s'inquiètent de certains aspects du programme du nouveau président, qui, s'ils sont entièrement mis en place, entraîneront une hausse substantielle de son endettement.
Fitch - logo
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Les marchés européens continuaient d'évoluer dans le vert à la mi-journée, après que Wall Street ait clôturé hier soir en hausse de 1,40% (pour le Dow Jones), malgré les prédictions d'un cataclysme boursier en cas de victoire de Trump. Les investisseurs ne sont pas les seuls à penser que l'élection de ce personnage si controversé pourrait finalement être moins douloureuse que prévu : Fitch et Standard & Poor's ont ainsi publié hier et aujourd'hui des notes plutôt rassurantes quant à l'impact de l'élection de Donald Trump sur l'économie du pays, du moins à court terme.

Fitch a ainsi réaffirmé la note du pays de AAA assortie d'un outlook stable, de même que S&P qui a confirmé le rating de AA+, stable à long terme. Les Etats-Unis jouissent en effet d'une économie solide et diversifiée, d'une politique économique flexible et d'un statut à part puisque leur devise représente l'une des principales réserves de change mondiales.

Fitch est cependant assez réservée sur certaines mesures économiques annoncées par le président pendant sa campagne et estime qu'elles pourraient être négatives pour la notation de crédit du pays "si elles sont entièrement mises en oeuvre". Principale annonce qui inquiète l'agence, celle concernant la fiscalité des entreprises et notamment la baisse de l'impôt sur les sociétés du pays de 35% à 15% (et de 35% à 10% pour celles qui rapatrieraient leurs profits réalisés à l'étranger) qui ne devrait pas suffire à générer suffisamment de croissance supplémentaire pour compenser le manque à gagner de rentrées fiscales pour le gouvernement. Certes, les réductions d'impôts seront favorables aux ménages, qui pourraient davantage consommer, mais il n'est pas certain que les entreprises de leur côté augmentent leurs investissements, estime Fitch. Tout dépendra de la capacité du nouveau président à instaurer une certaine stabilité et à effacer le contexte d'incertitude qui règne pour l'instant. Sachant que les entreprises américaines n'ont pas accru leurs investissements récemment, malgré une belle hausse de leur profitabilité et des taux de financement très favorables.

Fitch estime qu'il n'est donc pas possible de compter uniquement sur ce coup de pouce de Trump aux sociétés pour accélérer suffisamment la croissance américaine. Si les réductions fiscales visées par le nouveau président sont effectivement mises en oeuvre sans modification, elles devraient coûter 6200 milliards de dollars sur dix ans, soit un tiers du PIB de 2016. Sachant que selon les prévisions de Fitch, la dette du pays devrait déjà augmenter de 9%% du PIB d'ici à 2025. Une hausse rapide de la trajectoire de la dette américaine entraînera une hausse des coûts de financement du pays.

Selon les deux agences cependant, il n'est pas certain que le président parvienne à mettre en place l'ensemble des annonces de sa campagne. "Tout dépendra du degré de coopération du Sénat et de la Chambre des représentants avec le Président et si les démocrates parviennent à faire entendre leur voix", explique Fitch. D'autant qu'un personnage "polarisant" tel que Trump ne parviendra sans doute pas à convaincre l'ensemble de son parti, certains républicains s'étant déjà séparés de ses opinions pendant la campagne. "Certains aspects de la campagne de Monsieur Trump sont clairement en contradiction avec les idées traditionnelles des républicains et leur base historique d'électeurs", souligne de son côté S&P. Et, selon l'agence, il existe une grande différence entre la doctrine adoptée pendant une campagne et les politique concrètes mises en oeuvre une fois au pouvoir. Le premier discours de Trump hier matin, plutôt conciliant et moins extrême qu'attendu souligne que le 45ème président pourrait se montrer moins idéologue que ce qu'il a laissé paraître pendant vingt mois.

L'un des premiers challenges que les agences de notation surveilleront, concernera les discussions sur le relèvement de plafond de la dette en mars 2017. Les deux chambres étant majoritairement républicaines, le sujet devrait poser moins de tracas que sous la présidence Obama, où le pays avait été bloqué pendant plusieurs semaines, ne pouvant plus financer les dépenses publiques courantes.

Pour l'instant les agences, comme les marchés, sont en tout cas plutôt confiants et estiment qu'il faudra attendre d'avoir d'avantage de détails sur le programme réel que le président compte mettre en place pour avoir une idée plus claire de ce que pourraient être les premiers mois de mandat du républicain. A court terme, le nouveau Président ne semble pas menacer la qualité de crédit des Etats-Unis.

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