Comment Fimalac prépare l'avenir
Ce n'est pas un placement financier que fait Marc de Lacharrière en prenant 40 % du groupe Barrière, mais une diversification patrimoniale et immobilière de long terme.
C'est bien connu : on ne prête qu'aux riches. Et à ceux qui ont l'art et la manière de réaliser de très belles opérations financières et d'excellents placements. Dès qu'ils investissent quelque part, on n'imagine pas un seul instant que cela puisse avoir une vocation de long terme et un vrai sens industriel. C'est pourtant bien le cas avec le rachat par la holding de Marc de Lacharrière de 34 % du Groupe Lucien Barrière pour 186 millions d'euros, qui vont se transformer en 40 %, du fait de l'annulation de l'autocontrôle.
Certains parlent d'opportunisme à propos de cet investissement, comme s'il ne s'agissait que d'un très beau placement de court terme pour l'opulente trésorerie de Fimalac. Bien sûr il s'agit d'une superbe opportunité. Quand d'un côté il y a un groupe - en l'occurence Accor - très pressé de vendre, quitte à faire une moins-value substantielle - et de l'autre il y a un partenaire, Dominique Desseigne, profondément allergique à des solutions financières comme la bourse ou le recours à des fonds d'investissement, cela constitue une formidable occasion pour un tiers de prendre une place de choix au capital du numéro un français des casinos.
Mais vingt ans après la création de Fimalac, et fort d'un track record plutôt satisfaisant, il n'est pas interdit de penser que derrière cet investissement, il y a une vraie vision de long terme. Une vision qui consiste à dire : un jour où l'autre Fimalac sortira de son activité de services financiers, exercée de manière fort lucrative par Fitch et Algorithmics, mais soumise désormais à une sur-régulation, en tout cas sur une partie de la planète. Et quitte à trouver des actifs alliant à la fois la croissance, la rentabilité et le potentiel de valorisation, le Groupe Lucien Barrière est bien placé avec son énorme patrimoine foncier (250.000 mètres carrés), et son activité "d'entertainment."
L'aspect "pierre" de cet investissement est très important. Il vient s'ajouter à l'opération immobilière faite à Londres par Fimalac avec la construction d'un immeuble de bureaux, aujourd'hui valorisé, au bas mot, autour de 300 millions d'euros. Et Marc de Lacharrière pourrait bien investir encore davantage dans la pierre, dans les murs d'hôtels et de casinos, comme le laisse entendre Dominique Desseigne dans son interview aux Echos. Surtout lorsqu'il aura cédé à Hearst de nouvelles parts de Fitch.
C'est la raison pour laquelle, à côté de cet investissement financier, il y a un pacte d'actionnaires et de gouvernance entre les familles Desseigne et Lacharrière, qui pourrait porter, selon les informations de WanSquare, sur une durée d'au moins quatorze ans. Ce qui témoigne du caractère de long terme de cette opération. D'ici quelques années, Fimalac pourrait bien être une sorte de foncière de très haut de gamme. Ce qui justifie dès aujourd'hui une valorisation bien supérieure à celle que lui inflige le marché.
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Reproduction et diffusion interdites sans autorisation écrite
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17/09/2021 - 10:31

