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Sur les marchés
Marchés : la complaisance est à son maximum
Comme à leur habitude, les investisseurs sur les marchés américains ont la mémoire courte. Alors que les indices entraient en phase de correction il y a seulement un mois, ils continuent à allouer encore plus de capitaux à des actions déjà très bien valorisées. Ainsi, selon Bank of America Merrill Lynch, les fonds equity mondiaux ont enregistré leur plus importante collecte historique la semaine passée, soit 43,3 milliards de dollars nets. Cela représente 0,6% des actifs en circulation, un record depuis septembre 2013. Il s’agit d’un retour dans le vert massif, alors que les flux étaient négatifs de 9,4 milliards de dollars la semaine précédente. Toutes les zones ont profité de cet appétit : les fonds internationaux ont engrangé 53,3 milliards de dollars et les fonds américains ont affiché 11,1 milliards de dollars.
Début février, un rapport particulièrement dynamique sur l’emploi, qui faisait en particulier état d’un rebond de l’inflation sur les salaires, a engendré une vague de panique sur les marchés US, qui ont décroché de 10% en quelques jours seulement. Les investisseurs craignaient un rythme plus soutenu du resserrement monétaire de la Fed, qui semble avoir été confirmé depuis par un discours assez optimiste de la part de son nouveau président, Jerome Powell. Mais un mois plus tard, plus personne ne semble faire grand cas de ce contexte : selon un sondage hebdomadaire de l’Association des Investisseurs Individuels, le pessimisme des acteurs a chuté de 7,1 points, à 21,3%, un plus bas depuis le début de l’année.
La semaine n’a pourtant pas été particulièrement reluisante du côté des marchés : le Dow Jones a baissé de 1,6% tandis que le CAC 40 est légèrement dans le rouge. Après un millésime 2017 record, les banques sont nombreuses, à l’instar de Goldman Sachs, à ne pas voir beaucoup de potentiel de hausse sur les marchés. La banque américaine voit ainsi le S&P 500 finir l’année à 2850 points, soit une modeste augmentation de 3,5% par rapport au niveau de clôture de vendredi.
Plutôt que de miser sur des ETF basés sur les indices, Goldman Sachs recommande donc une gestion active, et en particulier de se focaliser sur les titres à forte croissance et dont la valorisation reste abordable. Dans un rapport intitulé « où investir maintenant », son chef stratégiste sur les equities américaines, David Kostin, se focalise sur les sociétés qui enregistrent au moins 10% de croissance annuelle et retient notamment les deux géants de l’Internet, Alphabet et Amazon, dont les revenus devraient grimper de 21% et 34% respectivement cette année.
En sera-t-il de même pour le reste des marché mondiaux, et notamment l’Europe ? Pour l’instant, le Vieux Continent profite de son retour à la croissance, mais a lui aussi été chahuté lors de l’accès de panique outre-Atlantique. La Fed comme la BCE sont dans une phase difficile, où elles doivent faire accepter le principe de sortie des phases accommodantes et les mettre à exécution sans faire peur aux investisseurs, sans quoi elles n’auront plus de munitions en cas de coup dur. A cet égard, le retour de la nervosité le mois dernier était particulièrement inquiétant, car très précoce dans ce cycle.
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