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La crise politique des PIIGS menace t-elle le marché crédit de la zone euro ?

Le risque politique dans le sud de l'Europe refait surface alors que le chef du gouvernement espagnol et Berlusconi sont rattrapés par des scandales de corruption. Selon RBS, les marchés de la dette des PIIGS devraient cependant résister, au moins jusqu'à la rentrée.
Si l'été devrait être plutôt calme dans l'Hexagone sur le front politique en attendant la rentrée de septembre, les pays du sud de l'Europe de leur côté, connaissent de fortes tensions au sommet. Tensions qui laissent craindre le retour des troubles sur les marchés de leurs dettes respectifs. D'autant que c'est à cette période que les Etats périphériques avaient connu les plus fortes hausses sur leurs taux souverains en 2011 et 2012. Rappelons qu'avant la fameuse phrase de Mario Draghi qu'il ferait tout pour sauver l'euro en juillet 2012, les rendements des PIIGS avaient atteint de nouveaux records historiques. Quels sont les risques politiques actuels et pourquoi les marchés du crédit des périphériques sont désormais moins sensibles aux turbulences politiques ? En Italie tout d'abord, la condamnation de Silvio Berlusconi hier par la Cour de cassation pour fraude fiscale pourrait semer le trouble au sein de la fragile coalition au pouvoir. Une partie de la gauche pourrait en effet juger impensable de continuer à gouverner avec le parti d'une personne condamnée par la justice du pays (le PLD fait partie des trois formations au pouvoir avec le parti démocrate et le principal parti de gauche d'Enrico Letta). " Il n'est pas possible d'imaginer que le PD puisse rester allié du parti de Silvio Berlusconi " a réagi hier Nichi Vendola, chef d'un parti de gauche proche du PD. La pression de la gauche pourrait entraîner de nouvelles élections et risque ainsi de créer une nouvelle période d'instabilité, mauvaise pour le marché de la dette italienne. Côté portugais, après la démission de deux ministres début juillet, la coalition au pouvoir est finalement parvenue à obtenir le soutien du Parlement et devrait poursuivre la mise en oeuvre de son programme d'austérité. Selon les économistes de RBS cependant, " le risque politique pourrait réapparaitre dans les prochains mois. " Les dissidences au sein de la coalition au pouvoir entre les pros rigueur et ceux qui estiment que le pays en a eu assez, pourrait entraîner de nouvelles élections à la fin de l'année. Les tensions sociales pourraient également se poursuivre du fait de l'austérité. Enfin, en Espagne, le chef du gouvernement est au coeur d'un scandale de corruption dont il peine à se dépêtrer. Et même si Mariano Rajoy est protégé par la majorité absolue du PP au Parlement, il pourrait être affaibli par les attaques de la gauche, dont le chef de parti exige sa démission. Malgré ces incertitudes politiques, les marchés obligataires se sont plutôt bien tenus depuis le début de l'été. Les titres italiens, portugais et espagnols se traitent actuellement à 4,37%, 6,35% et 4,63% après une petite période de tensions fin juin et contre respectivement 6,33%, 10% et 7,17% il y a un an. " Le marché du crédit européen a été résilient du point de vue des taux et des spreads et nous pensons qu'il restera stable grâce à une politique monétaire très accommodante, à des mesures pour relancer le crédit et le fait que les banques se débarrassent assez peu de leurs titres d'Etat dans leur processus de deleveraging ", expliquent les analystes de RBS. Surtout, par rapport à l'an dernier où les marchés crédit des PIIGS s'étaient enflammés, l'Europe dispose désormais d'un programme stable de rachat de titres souverains via l'OMT. Le fait que la BCE soit disposée à racheter des obligations d'Etat si un pays en fait la requête a permis de décorréler les crises politiques de son marché de la dette. La mise en place progressive d'un système de supervision bancaire est également un signal positif envoyé au marché, estime RBS. Enfin, les institutions européennes ont fait preuve de plus de souplesse à l'égard des objectifs de déficit, après deux années de rigueur douloureuse pour la périphérie, ce qui devrait faciliter le redémarrage de ces Etats et contribuer à stabiliser le marché du crédit.
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