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Sur les marchés
Pourquoi les valeurs émergentes sont loin d'avoir dit leur dernier mot
Pas facile de se faire une opinion sur les régions les plus intéressantes actuellement pour investir son argent. Les Etats-Unis ont manifestement concentré l’intérêt des opérateurs depuis le début de l’année si l’on compare l’évolution des indices nord-américains par rapport à ceux de l’Europe ou de l’Asie. Après avoir été largement plébiscités, il y a une dizaine d’années, les pays émergents souffrent ces derniers temps de problèmes conjoncturels et structurels propres à chacun d’entre eux, d'où le désamour des investisseurs pour ces marchés. Certains financiers, comme Robeco se montrent pourtant assez optimistes sur cette région, comme on peut le voir dans l’étude qu’il vient de publier sur le sujet.
« Au cours des six dernières années, nous avons pu observer beaucoup de négativisme concernant les marchés émergents. Les craintes relatives à un atterrissage brutal de l'économie chinoise, les scandales de corruption du milieu politique et des entreprises au Brésil, les questions d'ordre géopolitique en Russie et un effondrement en Afrique avec la fin du boom des matières premières ne sont que quelques-uns des événements qui ont fait les gros titres et ont contribué à créer un sentiment négatif à l'égard de cette classe d'actifs. Tout cela a conduit à une performance décevante sur les marchés actions émergents et au délaissement de la classe d'actifs ces dernières années », soutiennent ainsi les auteurs de cette étude.
Pour eux, le Brexit vient cependant rebattre les cartes des différents équilibres constatés à ce jour. Et ce, pour la bonne raison que les répercussions attendues concerneront essentiellement l’Europe. « Le vote du Brexit est de toute évidence essentiellement une question européenne et d'un point de vue fondamental, les répercussions à plus long terme sur les marchés émergents seront limitées. Parmi les grands blocs du commerce mondial, c'est l'Europe qui devra faire face à la plus grande incertitude en matière de futurs développements sur le plan politique et macroéconomique. De plus, étant donné que la plupart des devises émergentes sont bien plus corrélées au dollar qu'à l'euro, celles-ci devraient rester relativement à l'abri des troubles potentiels en Europe », ajoute Robeco.
Et de voir dans la sous-performance des actions émergentes de fin 2010 à fin 2015 une aubaine, puisque sur cette période cette situation a été principalement liée à la faiblesse des bénéfices par rapport à ceux des marchés développés. « À l'avenir, nous prévoyons une amélioration des bénéfices sous l'effet de politiques monétaires plus favorables et d'une baisse des pressions exercées sur les devises émergentes. Les réformes en Chine, en Inde, en Corée et en Indonésie constituent aussi un élément positif, aussi bien d'un point de vue macroéconomique que pour les marchés financiers ».
Il est vrai, par ailleurs, qu'à plus long terme, l'économie chinoise dispose d'une solide position, soutenue par une vaste classe émergente de consommateurs, d'importantes réserves de change et un excédent de compte courant considérable. Le pays reste également le plus grand centre de production du monde. « À long terme, nos inquiétudes portent sur les niveaux d'endettement au sein de l'économie chinoise, mais cette préoccupation est partagée par le gouvernement. À l'heure actuelle, nous prévoyons une hausse des ratios dette/PIB, mais pour le moment, les niveaux sont inférieurs à ceux de beaucoup d'autres pays, aussi bien développés qu'émergents ».
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