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Pourquoi EDF va pouvoir garder Fessenheim

Le ministère de l'Ecologie vient de rédiger une note qui plaide en faveur du maintien en activité de la centrale de Fessenheim au-delà de la fin 2016.
Le spectre de la fermeture annoncée de la centrale nucléaire de Fessenheim, installée sur les bords du Rhin, commence à s'éloigner de plus en plus. Non pas parce que le délégué interministériel nommé pour régler ce dossier n'a toujours pas pu accéder au site. Non pas parce que François Hollande a décidé de ne plus céder face à la "dictature" de ses alliés verts. Mais simplement parce que, dans une note interne, le ministère de l'Ecologie, conduit par Delphine Batho, vient de faire une défense en règle de la sûreté de la centrale nucléaire du Haut-Rhin. Légitimant, de fait, la poursuite de l'exploitation des deux réacteurs que le chef de l'Etat s'est engagé à arrêter "à la fin de l'année 2016". "C'est à bon droit que le tribunal administratif de Strasbourg a estimé qu'aucune pièce du dossier ne permet d'établir une exposition à un risque sismique qui justifierait une mise à l'arrêt définitif de la centrale", est-il écrit dans cette note. Il y est aussi écrit, noir sur blanc, que "la centrale de Fessenheim a bien intégré l'ensemble des exigences en matière d'évaluation du risque d'inondation". Au final, "il n'est pas établi qu'il existerait des risques graves menaçant la sûreté de la centrale de Fessenheim". Le ministère invite donc au rejet de la demande de mise à l'arrêt définitif des deux réacteurs alsaciens. Tout cela est irréfutable, et les travaux mis en oeuvre par EDF pour répondre aux normes de sécurité demandées par l'Autorité de Sûreté Nucléaire sont bel et bien là. Mais il y a autre chose que le Ministère ne peut pas écrire. La centrale de Fessenheim, la plus ancienne du parc nucléaire français, rapporte chaque année un excédent brut d'exploitation de 400 millions d'euros à EDF. Sur une durée de vie future de trente ans, la fermer entrainerait un manque à gagner de 12 milliards d'euros pour la première entreprise de France et ses actionnaires, dont le principal est l'Etat à 85 %. Les dirigeants d'EDF seraient non seulement en droit, mais en devoir, de demander à l'Etat une indemnité de 12 milliards d'euros pour compenser la fermeture de Fessenheim. A l'heure où Bercy, Matignon et l'Elysée sont mobilisés pour réduire les dépenses publiques, gâcher 12 milliards d'euros pour se tirer une balle dans le pied en diminuant sa capacité à produire et à exporter de l'électricité n'aurait aucun sens. Surtout à partir du moment où il est établi que Fessenheim est aussi sûre que n'importe quelle autre centrale. On ne peut donc que se féliciter d'un tel retour à la raison, un an après la signature d'un accord stupide et léonin avec des verts qui ne représentent rien.
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