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Le test de Florange

Les syndicats commencent à s'impatienter devant l'inaction du gouvernement dans le dossier de la sidérurgie, et demandent la renationalisation d'ArcelorMittal. Un caillou dans la chaussure de François Hollande.
Les hauts fourneaux de Florange ne seront pas rallumés au moins avant la fin 2012. C'est ce qu'a affirmé la direction d'ArcelorMittal, estimant que la demande d'acier dans le monde ne justifiait pas, pour le moment, une production supplémentaire. A l'inverse, les salariés, qui ont commandé des rapports à deux cabinets d'expertise différents, estiment que Florange peut rouvrir et produire à nouveau. C'est ce qu'ils vont expliquer aujourd'hui à François Hollande qui s'était engagé, pendant la campagne présidentielle, à ce que ces hauts fourneaux soient rallumés. Le problème c'est qu'on a beau être Président de la République, se doter d'un actif ministre du Redressement Productif, bénéficier de l'ensemble des moyens de l'Etat, notamment les préfets, c'est uniquement la demande mondiale d'acier qui commande et personne d'autre, pas même Lakshmi Mittal. Que cette demande soit plus forte à cause de la croissance économique, et Florange chauffera de nouveau. Que la croissance reste atone et il n'est même pas sûr que notre sidérurgie rallumera ses fours en janvier prochain. Les syndicalistes, dans leur vision angélique de la mondialisation, pensent que si l'Etat renationalise ArcelorMittal, les problèmes s'en trouveront immédiatement résolus. C'est vrai que l'Etat pourra alors décider, sans attendre, de produire de l'acier. Il restera à le vendre à un prix qui ne fasse pas perdre trop d'argent au contribuable. Il n'est pas certain que dans l'état actuel des finances publiques, ce soit la meilleure solution. Il faudra bien, à un moment ou à un autre, que François Hollande sorte de l'ambiguïté dans laquelle il s'est lui-même placé. Pour l'heure, les syndicalistes sont convaincus qu'il peut les sauver comme le Roi de France guérissait les écrouelles. Plus il tardera à dire aux sidérurgistes la vérité, plus la déception et la riposte risquent d'être dures. Un seul président, jusqu'ici, a eu le courage de se déplacer sur le lieu de travail de mineurs pour leur annoncer qu'il fallait commencer à se reconvertir car les houillères n'avaient pas d'avenir : c'était Georges Pompidou. Depuis, les présidents préfèrent entretenir l'illusion que de dire la vérité. Au risque d'entraîner une nouvelle montée en puissance des partis de l'extrême et du refus.
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