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Fédéralisme européen, n'est-ce point trop tard ?

Le sommet européen du 28 juin sera l'occasion de présenter un vaste programme de réformes pour plus de fédéralisme en zone euro. S'il est effectivement nécessaire, peut être intervient-il trop tard.
Voilà bien longtemps qu'un sommet européen n'avait eu lieu. Celui du 28 juin devrait catalyser l'attention des marchés, après deux mois chaotiques et quelques jours après les élections grecques qui pourraient remettre en cause l'intégrité de la zone euro. Les décideurs de la zone euro en sont conscients et préparent activement cette énième réunion de crise. D'après des informations de Die Welt, confirmées par le président du Conseil européen Herman Van Rompuy cet après-midi, le 28 juin sera donc l'occasion de présenter "les principaux éléments constitutifs d'une union économique et monétaire renforcée" et "une méthode de travail pour réaliser cet objectif ". Lui, ainsi que le patron de la Commission européenne Manuel Barroso, le chef de l'Eurogroupe Jean-Claude Juncker et le président de la BCE Mario Draghi, seraient à l'origine de ce nouveau projet. Le plan prévoirait la création d'une union bancaire qui inclurait notamment un organisme européen de surveillance des banques, un fonds commun de placement et un fonds central de sauvetage pour secourir les banques en difficulté. Des réformes structurelles pour moderniser les systèmes sociaux, assouplir les règles sur le marché du travail et faire tomber toutes les frontières douanières seraient également instaurées. L'union budgétaire serait renforcée avec un plus grand rôle donné aux sanctions, qui deviendraient quasiment automatiques. Enfin l'union politique serait consolidée avec peut-être l'élection d'un président européen élu au suffrage universel et d'autres mesures destinées à augmenter le "patriotisme" européen des citoyens. Les dirigeants de la zone euro ont donc pris acte de l'effritement de la zone euro et de l'échec de la gestion de la crise de la Grèce depuis deux ans. Car selon les analystes de Natixis, la crise de l'UE a enseigné un message fort : "une Union monétaire sans fédéralisme entre des pays très hétérogènes dans leurs structures productives ne peut pas réussir". Selon eux, au moment de la création de la monnaie unique, les pays étaient déjà très hétérogènes et l'unification monétaire a amplifié ce phénomène avec une évolution des capacités de production de l'industrie manufacturière allant de -12% à +28%. Or, dans une union monétaire sans fédéralisme, les déficits extérieurs des Etats ne sont pas compensés par des flux de revenus liés au fédéralisme et conduisent donc souvent à l'accumulation de dette extérieure, jusqu'à ce que ces pays perdent leur solvabilité externe, comme c'est le cas de la Grèce, l'Espagne et le Portugal. "Ne doivent participer à une union monétaire sans fédéralisme que des pays qui ont des structures productives voisines, en particulier des capacités à exporter voisines", résument les économistes. La seule solution aujourd'hui est donc "que les institutions soient rapidement modifiées dans le sens du fédéralisme". Sauf qu'il paraît pourtant difficile de faire passer "rapidement" par dix-sept Etats différents un arsenal de mesures pour plus d'unité politique et économique en UE, étant donné les divergences entre Etats et le regain de souverainisme et de patriotisme de certains. D'autant que le sommet intervient dix jours après les élections grecques ; beaucoup d'analystes estiment qu'il sera trop tard pour calmer les marchés, en cas de victoire du Syriza.
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