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La roulette d'Accor

En pleine phase de scission entre hotels et services, le désengagement d' Accor du Groupe Lucien Barrière (hotels et casinos) pose la question de son intérêt pour le haut de gamme.
Une séparation peut en entraîner une autre. Alors que le groupe Accor prépare la scission des activités de services et de l'hotellerie, il veut également se séparer de sa participation dans le Groupe Lucien Barrière, spécialisé dans les hotels de luxe et les casinos. Accor était monté de 34 à 49% dans le propriétaire du Fouquet's, il y a un an, à l'occasion du désengagement de Colony, son premier actionnaire. Mais le groupe étant solidement contrôlé par la famille Desseigne-Barrière, la possibilité d'aller plus loin semblait hypothétique. Plutôt que de rester gros minioritaire, Accor préfère donc prendre la sortie. Avec 14 hotels de luxe, une centaine de restaurants et 38 casinos (le quart du parc français de machines à sous), Groupe Lucien Barrière représente 12% de l'hotellerie haut de gamme d'Accor (126 Sofitel) et contribue pour environ 9% aux revenus du secteur hotels- divers, grâce aux casinos. Mais l'hotellerie haut de gamme comme les casinos connaissent une conjoncture difficile avec des recettes en baisse. En se séparant de cette activité, Gilles Pélisson donne peut-être le signal qu'après la scission, le pôle hotellerie, livré à lui-même, aura sans doute plus d'appétance pour les secteurs milieu de gamme et économique que pour le luxe. L'avenir de Sofitel dans le futur pôle, alors qu' une partie seulement de ces hotels relève de ce segment, pourrait donc être posé. Ce qui n'est pas pour déplaire à certains investisseurs dubitatifs sur l'intérêt d'un pôle luxe qui n' a pas la taille critique chez Accor. En revanche, malgré le prestige de ses fleurons de Paris, Deauville ou La Baule (Normandy, Royal, Hermitage...), les conditions économiques restant difficiles pour les casinos et les hotels haut de gamme, le timing est peut-être un peu délicat pour une sortie par introduction en bourse du Groupe Lucien Barrière. D'autant que les pratiques controversées des dirigeants avec leurs actionnaires minoritaires dans l'autre société familiale, cotée, (Fermière de Cannes) pourraient inquiéter certains investisseurs.
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