Les banques françaises, back to normal
Si le consensus est élevé, les résultats du Q2 des banques françaises devraient rassurer sur les performances des branches d'investissement, les niveaux de provisions et leur adaptation à la régulation.
Les bancaires françaises ont-elles enfin mangé leur pain noir? Les trois principales valeurs cotées à Paris ont déjà bien profité du rally: elles ont surperformé l'indice Stoxx Banks depuis le début de l'année (+11,4%) à l'exception de Société Générale (+8,4%). Mais pour l'analyste de Kepler, le consensus semble trop élevé, à l'exception du Crédit Agricole.
Sur Société Générale, la principale différence dans les prévisions vient de revenus moins importants anticipés dans la division Retail international, mais aussi de provisions plus élevées. Le marché anticipe des revenus 2015 au niveau de ceux de 2012, lorsque la filiale égyptienne était encore intégrée et rapportait 450 millions d'euros de revenus, ce que d'aucuns trouvent un peu optimistes. Mais après avoir touché un point bas sous les 25 euros cette année, le titre SG devrait profiter de sa publication du Q2, notamment des bonnes performances dans sa division CIB. Les analystes attendent également des annonces pour améliorer son ratio d'endettement ou le coût de son coussin de capital.
De son côté, BNP Paribas tire toujours parti de sa forte rentabilité et de la génération de cash qui va avec, ce qui permet d'optimiser le retour sur fonds propres et de satisfaire les actionnaires (le ratio de dsitribution va passer de 30% en 2012 à 40% dans 3 à 4 ans). La banque pourrait également en profiter pour racheter les parts des gouvernements belges et luxembourgeois dans ses filiales locales. En tout état de cause, elle bénéficie aujourd'hui à plein de son statut de valeur refuge, ce qui lui permet de se financer sur des spreads étroits.
Kepler est de son côté prudent sur Natixis, qui doit distribuer un dividende exceptionnel mais n'a pas encore les moyens suffisants pour sortir de son modèle "orinigate-to-distribute". Par conséquent, il est encore trop tôt pour améliorer le rendement du capital dans sa division d'investissement.
En tout état de cause, le nerf de la guerre au deuxième trimestre sera à chercher du côté des provisions sur prêts et sur le niveau d'activité de la banque d'investissement, mais de ce point de vue, les premiers résultats des banques américaines laissent de bons espoirs.
Restent les impacts, majeurs, des récentes décisions de régulation. L'accord européen trouvé sur le bail-in est, aux yeux de Kepler, un bon moyen de séparer le lien souverain-bancaire tout en limitant l'impact sur les coûts de financement, notamment sur la dette senior. Mais il faudra un peu de temps avant que le marché du crédit ne se normalise sur ces nouveaux paramètres.
De même pour le ratio d'endettement. Ce dernier a entraîné un basculement du Core Tier One vers une approche moins centrée sur le risque, donc moins favorable aux banques européennes les plus actives sur les marchés de capitaux, donc les banques françaises. Celles-ci ont donc pour le moment un ratio inférieur aux 3% prévus pour 2018. Sur le coussin de capital, Kepler calcule que les institutions françaises n'auront besoin que d'un coussin de capital et dette subordonnée de 6%, contre 8% en moyenne pour les autres.
Enfin, pour ce qui est des dernières réformes françaises: la baisse du taux du livret A, à 1,25%, devrait booster de 2 milliards d'euros les revenus d'intérêt dans le retail, et favoriser un report vers l'assurance vie. L'adoption de l'union bancaire n'aura par ailleurs qu'un impact limité sur les comptes de résultat des banques, mais les dissuadera de revenir vers les opérations sur compte propre. Et concernant la taxe sur les transactions financières, le recul du gouvernement français et la frilosité allemande, quelques mois avant les élections, devraient avoir tôt ou tard raison de ce projet, malgré l'ambition d'autres pays européens.
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17/09/2021 - 10:31

