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Lazard pâtit la réforme fiscale américaine… pour le moment

La banque d’affaires a elle aussi intégré une charge de 420 millions de dollars dans ses résultats annuels en raison de la réforme fiscale, dont elle va pourtant bénéficier à terme. Hormis ces coûts exceptionnels, les revenus sont en hausse de 13% sur un an grâce à quelques méga deals.
Matthieu Pigasse - Lazard
Matthieu Pigasse - Lazard

 « Le marché cette année a été très dynamique, notamment en France et en Europe, porté par de grosses opérations stratégiques des grands groupes", se félicitait Matthieu Pigasse, patron de Lazard France et responsable mondial des M&A de la banque d’affaires, en début d'année. Et de fait, elle fait état de bonnes performances lors de la publication de ses résultats annuels ce matin, seulement éclipsées par des charges exceptionnelles liées à la réforme fiscale américaine. Le chiffre d’affaires de son activité phare de conseil stratégique est en hausse de 7% à 2,65 milliards de dollars, contre 2% l’an passé, même si le dernier trimestre (-17%) pâtit d’un comparable particulièrement défavorable, où Lazard avait bouclé par exemple la fusion ABInBev-SAB Miller pour 109 milliards de dollars.

A nouveau, Lazard s’est distingué sur plusieurs méga deals cette année, notamment la vente de l’assureur américain Aetna à la chaîne de pharmacies CVS Health pour 77 milliards de dollars, une initiative visant à créer un grand acteur intégré qui soit à la fois fournisseur de services médicaux, prescripteur et distributeur de médicaments. Ou encore l’acquisition de l’australien Westfield par Unibail-Rodamco, une opération audacieuse qui lui donne une empreinte américaine et crée le deuxième acteur mondial de l’immobilier commercial, avec 61 milliards d’euros d’actifs. Ou encore la vente du producteur d’électricité américain Calpine à un consortium emmené par Energy Capital Partners pour 17 milliards de dollars, symbole du retour des opérations public-to-private et de l’appétit sans bornes des fonds de private equity.

Côté gestion d’actifs, Lazard a également bénéficié de la liquidité à l’œuvre sur les marchés, et de la volonté des acteurs de mettre leur argent au travail dans des marchés particulièrement bullish. Les revenus sont ainsi en hausse de 20% sur l’année, à 1,24 milliard de dollars, et les actifs sous gestion ont grimpé eux-mêmes de 16%, à 224 milliards de dollars.

La seule déconvenue vient de la charge exceptionnelle de 420 millions de dollars que la banque dirigée par Ken Jacobs a dû intégrer comme coûts liés à la réforme fiscale. Ce qui a impacté le résultat net, en baisse faciale de 61% à 388 millions de dollars. Mais que l’on ne s’y trompe pas : comme toutes les autres institutions financières, Lazard devrait profiter à plein de l’effet de cette baisse drastique de l’impôt sur les sociétés, qui va inciter les sociétés à multiplier les investissements et opérations transformantes, afin d’avoir toujours un coup d’avance sur leurs concurrents. Les banquiers d’affaires sont très optimistes sur un millésime 2018 bien engagé, où le retour de la croissance et des banques centrales encore accommodantes dans leur « tapering » - ainsi que le coup de pouce aux corporates américains – sont favorables aux M&A.

En France, Lazard s’est notamment distingué ces dernières semaines par des recrutements de haut vol : Andrea Bozzi, qui était coresponsable de la banque d’affaires chez Credit Suisse, Charles-Henri Filippi, ancien numéro de Citi en France et son coresponsable, Cédric Leoty. De quoi renforcer encore la place de Lazard dans les league tables, qui était quatrième en France et huitième au niveau mondial en 2017.


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