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L'amendement Valls

Le député de l'Essonne, Manuel Valls, candidat aux primaires socialistes, est le premier à vouloir revoir de fond en comble le projet économique de son parti.
Ce n'est pas la première fois que Manuel Valls rue dans les brancards du Parti Socialiste, dont il est sinon un des éléphants, du moins un lionceau, en tous cas, l'un des six candidats aux prochaines primaires. Le député de l'Essonne avait déjà fait grincer des dents Rue de Solférino par ses positions en matière de sécurité, ou en prônant un détricotage des 35 Heures. Aujourd'hui il va beaucoup plus loin. Puisqu'il est le premier, mais peut-être pas le dernier, à confesser publiquement que le programme économique du Parti Socialiste n'est plus crédible compte tenu de la dégradation de l'environnement économique et la nécessaire remise en ordre des finances publiques. Dans une interview publiée ce matin par Les Echos, l'ancien porte-parole de Lionel Jospin déclare : "la gauche doit remettre à plat une partie de son projet et se comporter comme si elle était au pouvoir". Interrogé sur les mesures à retoucher, Manuel Valls répond tout de go : "des mesures comme la création de 300.000 emplois d'avenir sont à mon sens insoutenables financièrement. 100 % des marges de manoeuvre que nous dégagerons - et non 50 % comme le prévoit le projet - devront être consacrées à la réduction des déficits et au désendettement. Toute politique nouvelle devra être financée, à due concurrence, par la suppression d'une autre politique plus ancienne". Et plus loin, le Maire d'Evry déclare à propos des retraites : "il ne faut pas laisser croire aux français que nous reviendrons à la retraite à 60 ans pour tous." Bien sûr, Manuel Valls n'est pas représentatif de toute la gauche. Bien sûr, cette déclaration est moins reprise que l'archaïque lettre aux français que Martine Aubry vient de diffuser à un million d'exemplaires, sans changer un iota à son programme économique. Bien sûr, cette interview, publiée à quelques jours de l'Université d'été des socialistes, n'empêchera pas ceux-ci de se livrer à un habituel concours de démagogie sur le Port de La Rochelle. Il n'empêche que les propos courageux de Manuel Valls ne devraient pas rester vains. Ils devraient amener d'autres personnalités du Parti Socialiste à faire, elles aussi, un exercice d'auto-critique sur ce projet absurde, démagogue et impossible à "vendre" aux français. S'il existe encore des héritiers de Mendès-France, des représentants de ce qu'on appelait la deuxième gauche, voire des fidèles de Michel Rocard, alors un grand débat devrait naître au PS sur la nécessité d'adapter le projet présidentiel à la réalité économique. Si tel n'est pas le cas, il y a de quoi désespérer Billancourt, autant que les agences de notation !
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