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Chômage, l'Allemagne nargue la France !

Le taux de chômage a atteint 6,5% au mois de janvier, un plus bas depuis 1990 ! Malgré l’instauration du salaire minimum au début de l’année, très décriée par les libéraux allemands, les intentions d’embauches sont très bien orientées.
Berlin - Allemagne
Berlin - Allemagne

Voilà des chiffres qui risquent de faire pâlir d’envie le ministre du travail français, François Rebsamen. L’Allemagne a affiché ce matin un taux de chômage de 6,5% en janvier, contre 6,6% en décembre, soit un plus bas jamais atteint depuis la réunification ! Le pays compte désormais 2,836 millions de personnes sans emploi, soit une baisse de 8000 personnes sur un mois. Mercredi soir, la France annonçait de son côté un nouveau triste nouveau record de 5,2 millions de personnes sans emploi (toutes catégories confondues), malgré la mise en place de contrats aidés et d’allègements de charges pour tenter d’inciter les entreprises à embaucher.

La tendance devrait se poursuivre en Allemagne cette année, puisque l’indice BA-X, qui mesure le besoin des entreprises en nouveaux emplois sur le marché du travail, est passé de 181 à 183. « Le marché du travail allemand a été très résilient au cours de l’année 2014, et les chiffres de janvier laissent penser que le mouvement devrait se poursuivre en 2015 », explique ainsi Johannes Gareis, analyste chez Natixis. « Le taux d’emploi a encore augmenté » souligne de son côté Caroline Newhouse, de BNP Paribas. Et ce alors que les mois de décembre et janvier sont traditionnellement moins bons en termes d’embauche, pour des raisons saisonnières. Surtout, le marché est resté dynamique malgré l’introduction d’un salaire minimum à 8,50 euros début janvier. « Les entreprises auraient pu ralentir leurs embauches en décembre anticipant une augmentation des salaires le mois suivant. Cela n’a pas été le cas », poursuit Caroline Newhouse. L'annonce de la mise en place du salaire minimum par le nouveau gouvernement Merkel l'an dernier avait pourtant suscité de fortes résistances de la part des plus libéraux, qui estimaient que la mesure allait peser sur le marché du travail allemand faute de flexibilité pour les entreprises.

Preuve que non pour le moment, puisque les intentions d’embauche des chefs d’entreprises sont bonnes. Selon les estimations de BNP Paribas, le chômage moyen devrait atteindre 6,6% cette année, puis passer sous les 6,5% en 2016. « On voit mal comment le chômage ne pourrait pas continuer de baisser étant donné la conjoncture », poursuit l’analyste. Le gouvernement a effectivement révisé ses prévisions de croissance à la hausse hier de 1,3% à 1,5%, estimant que le pays bénéficiera de la baisse des prix du pétrole et de l’euro, qui soutiendront la confiance des ménages et la consommation. Autre facteur structurel, qui devrait soutenir le marché de l’emploi, la baisse démographique, qui réduit la population active disponible pour travailler. « La main d’œuvre qualifiée devient rare. A 6,5% le marché de l’emploi est tendu. (…) On est quasiment au plein emploi » conclut Caroline Newhouse.

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