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Sur les marchés / Private equity
IPO de fonds en Europe: tout est affaire de valorisation
Voilà qui devrait mettre du baume au coeur des participations du private equity en Europe, qui attendent le moment optimal pour leur projet d'IPO ou ont dû le repousser à l'automne dernier, lorsque la fenêtre de tir s'est refermée en Europe. La banque britannique Aldermore, détenue par le fonds de private equity AnaCap et qui souhaitait entrer à la Bourse de Londres en octobre dernier, est finalement parvenue à le faire hier, au prix de concessions sur sa valorisation. Elle a ainsi levé 226 millions de livres pour une valorisation totale de 650 millions de livres, alors qu'elle visait plutôt 800 millions de livres il y a cinq mois.
Cela a suffi à emporter l'adhésion du marché dans un contexte plus favorable, puisque le titre de la banque spécialisée dans les prêts aux PME a grimpé de plus de 10% pour sa première journée de cotation.
Le précédent n'est pas sans rappeler celui de Spie en France, le groupe de services multi-techniques sous LBO avec Clayton Dubillier & Rice, Ardian et la Caisse des Dépôts du Québec, qui a dû reporter son IPO en octobre dernier, faute de demande suffisante. Si la société avait évoqué comme raison principale la perturbation des marchés, d'autres analyses avaient également pointé du doigt une valorisation trop agressive par les acteurs du LBO. Mais Spie n'a pas renoncé à son projet depuis et a d'ailleurs répété qu'il restait toujours "une priorité stratégique pour le groupe" lors de la présentation de ses résultats annuels ce matin, tout en se refusant à indiquer un calendrier. Par ailleurs, le groupe dirigé par Gauthier Lorette s'est dit intéressé par une éventuelle cession d'actifs par Areva dans le cadre de sa restructuration, ce qui pourrait le projeter sur le devant de la scène.
Autre groupe actuellement en pleine préparation de son document de base: le loueur de voitures Europcar, détenu par Eurazeo. Ce dernier a déjà réussi à sortir en Bourse le spécialiste de la location-entretien de linge Elis, le mois dernier. Là encore, l'opération s'est faite en bas de fourchette, mais le groupe a tout de même réussi à lever 700 millions d'euros et le cours s'est maintenu depuis. L'enjeu devrait être le même pour Europcar, d'autant que le groupe compte aussi sur une IPO pour se désendetter. Un argument qui est souvent vu avec circonspection de la part des investisseurs, qui ne souhaitent pas financer seulement le deleveraging d'un LBO. En tout état de cause, l'engagement du sponsor et son maintien au capital au moins à court terme est également clé pour le succès de l'opération.
Europcar et Spie devront donc réussir à convaincre le marché que leur histoire est celle d'une croissance rentable, alors que d'autres sorties de LBO européens en Bourse ont pu s'avérer catastrophiques l'an passé, comme eDreams Odigeo en Espagne. Après avoir connu des déboires opérationnels, la participation de Permira et Ardian a vu son cours chuter de 62% depuis son IPO en avril 2014!
Le contexte actuel est définitivement très favorable: le CAC 40 a gagné plus de 16% depuis le début de l'année, porté par les annonces de QE de la BCE, mais aussi la chute de l'euro qui favorise la compétitivité des groupes du Vieux Continent. Le "momentum" semble donc particulièrement opportun pour dégainer les projets d'IPO, si tant est qu'ils restent sur des multiples acceptables par le marché.
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