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Steinhoff, fer de lance de la recomposition de la distribution ?
Et si les difficultés de Steinhoff allaient précipiter la reconfiguration du paysage de la grande distribution française voire européenne ? Moody’s vient de jeter un nouveau pavé dans la mare du groupe sud-africain en abaissant une nouvelle fois sa notation et en indiquant qu’elle pourrait réitérer l’exercice d’ici peu au vue de la situation financière de l’entreprise. L'agence de notation, qui a déjà abaissé la note de crédit de Steinhoff au début du mois, a enfoncé le clou en précisant que la nouvelle note reflétait "un risque substantiel" de défaut. Elle a donc abaissé la note à "Caa1", soit sept crans en-dessous du seuil à partir duquel elle entre dans la catégorie spéculative.
La révélation, il y a trois semaines, d’irrégularités comptables a déjà fait perdre à la société 10 milliards d’euros de capitalisation boursière et la confiance de ses banques, certaines d’entre elles lui ayant même coupé les vivres.
Dans ce contexte pour le moins tumultueux, il est évident que le nouveau patron de Steinhoff va devoir rapidement tailler dans le vif pour éviter le pire. L’un de ses actifs phares n’est autre que le Français Conforama, qui pourrait bien intéresser d’autres distributeurs. Il se murmure déjà qu’Auchan serait parmi ceux-là. Acquisition qui permettrait à ce dernier d’étoffer son maillage dans l’équipement du foyer, celui-ci étant déjà à la tête d’enseignes connexes où moins développées telles que Boulanger, Alinéa, Saint Maclou ou Cosily (linge de maison) et ce, aux côtés d’enseignes bien connues telles que Leroy Merlin, Decathlon, Flunch ou Kiloutou pour n’en citer que quelques-unes parmi l’univers incroyablement riche du groupe aux mains de la famille Mulliez.
Au-delà de cet intérêt, c’est tout le secteur de la distribution dans son ensemble qui regarde comment évoluer à court et moyen terme. Concurrence exacerbée et digitalisation obligent, les modèles actuels ne peuvent plus tenir la route et poussent toutes les directions à envisager des alliances. Certaines ont déjà eu lieu au niveau commercial et de la mutualisation des approvisionnements.
D’autres, capitalistiques, cette fois, devraient suivre. Et c’est là ou plusieurs acteurs européens pourraient entrer dans la danse. 2018 devrait ainsi être riche en annonces de cet ordre, si l’on en croit les spécialistes du secteur qui ne voient d’ailleurs pas comment Carrefour pourrait en faire l’économie, le groupe étant condamné à réaliser un deal d’envergure pour se sortir de l’ornière où il se trouve actuellement. Cela passera-t-il par une sortie du Brésil ? Tous les distributeurs (y compris Casino) se retrouvent face aux mêmes défis au regard notamment d’une activité française qui peine à retrouver son rythme de croisière.
L’ombre d’Amazon a, un moment, flotté au-dessus de la tête des deux distributeurs français, avant que cette rumeur ne s’essouffle rapidement. Peut-être reviendra-t-elle. Dans le cas de Casino, le groupe est protégé par son actionnaire majoritaire, Jean-Charles Naouri. Dans le cas de Carrefour, les principaux actionnaires, à savoir la famille Moulin, le Brésilien Abilio Diniz et le Groupe Arnault contrôlent environ 30% des parts, ce qui leur donne un réel pouvoir de nuisance en cas d’attaque hostile. A moins que le prix soit tel qu’il ne séduise certains d’entre eux…
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