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Elections allemandes :"comment Merkel peut appâter le SPD"

Les sociaux-démocrates n'ont rien à perdre et risquent de demander beaucoup à la CDU, qui sera contrainte de céder de nombreux postes à la gauche. Pendant ce temps-là, Die Linke aimerait profiter de la majorité parlementaire avec le SPD et les Verts pour faire passer des lois.
La presse allemande, ce mercredi, en est quasiment sûre : l'Allemagne s'oriente vers une grande coalition, entre l'Union CDU/CSU et le SPD, à l'issue des élections au Bundestag de ce week-end. Pour le Spiegel "toute autre option serait une surprise". Pourtant, le chemin et les négociations pour en arriver là promettent d'être complexes. Déjà car la CDU va devoir en payer le prix. "Grande coalition : comment Merkel peut appâter le SPD", prévient ainsi le Spiegel. Le site de l'hebdomadaire explique : "L'Union se dirige vers une grande coalition. Mais pour pouvoir attirer le SPD dans le gouvernement, elle va devoir payer un prix élevé - notamment pour le nombre de postes ministériels". En effet, si la CDU a absolument besoin du SPD pour gouverner, l'inverse n'est pas vrai. Au contraire : en entrant au gouvernement, le SPD perdrait le soutien de la gauche du pays. Pour le Spiegel, un gouvernement stable "dépend de Merkel". Plusieurs figures importantes du SPD se sont d'ores et déjà prononcées contre une alliance avec le parti d'Angela Merkel. Hannelore Kraft a ainsi déclaré : "Ce n'est pas le rôle du SPD de maintenir la CDU en poste en lui fournissant une majorité, afin qu'elle continue avec ses politiques actuelles". Quoi qu'il en soit, le Sueddeutsche Zeitung prévient : "avant qu'on arrive vraiment à des négociations de coalition pour la formation d'un gouvernement, cela est susceptible de durer un certain temps". Seule certitude : le SPD n'aurait pas intérêt à voir de nouvelles élections (en cas d'échec des négociations), car celles-ci pourraient donner la majorité absolue à Angela Merkel. Pendant ce temps-là, rapporte notamment Die Welt, Die Linke (extrême gauche) veut en profiter pour mettre en place au plus vite un salaire minimum. "Comme la constitution du gouvernement va encore durer, Die Linke a senti sa chance. Avec la majorité rouge-rouge-verte au Bundestag, un salaire minimum légal peut être décidé rapidement". En effet, en raison du jeu d'attribution des postes de députés, en l'absence de coalition gouvernementale, une coalition rouge-rouge-vert obtient 319 députés, contre 311 pour la CDU/CSU. C'est l'idée de la chef du parti d'extrême gauche, Katja Kipping. Elle voudrait s'appuyer sur le modèle britannique du salaire minimum où ce dernier est défini par les partenaires sociaux, réunis en commission. Quant à une éventuelle coalition gouvernementale s'appuyant sur cette majorité parlementaire, Katja Kipping ne l'exclut pas : "Nous restons ouverts à la discussion. Pour le SPD et les Verts, ce serait mieux, ils s'engageraient dans une alternance politique et discuteraient avec nous". Cependant Die Welt précise : "Le parti de gauche ne sera pas prêt à la tolérance. Sa fraction ne votera pour un chancelier du SPD que si Die Linke fait vraiment partie de la coalition".
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