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La Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes est née
C’est fait. Les différentes assemblées générales des banques concernées ont toutes donné leur aval hier en vue de la constitution de la première Banque Populaire en région. L’entité regroupe les établissements des Alpes, Loire et Lyonnais et du Massif Central. Une opération que le nouvel homme fort du projet, Daniel Karyotis préparait depuis de longs mois. « Ce regroupement vise à créer une nouvelle banque de référence sur la région Rhône-Alpes et Auvergne. On a regroupé plusieurs banques moyennes pour en faire un acteur incontournable aussi bien tourné vers les grandes entreprises que les ETI, la promotion immobilière, la gestion privée ou les financements structurés », lance-t-il.
La genèse de cette opération est symptomatique et en dit long sur la réflexion des grands groupes bancaires vis-à-vis des enjeux qui les attendent. Compte tenu d’un environnement de plus en plus compliqué réglementairement parlant, de taux désespérément bas et des nouvelles demandes de la clientèle en matière de services digitaux, les banques ne peuvent en effet rester sans bouger. D’où la volonté de certains réseaux d’organiser des regroupements susceptibles d’optimiser les coûts informatiques, de réorganiser les expertises proposées et de rationaliser les effectifs. « Cette fusion, c’est nous qui en avons eu l’idée. On discutait depuis plusieurs années avec Lyon pour se rapprocher, mais nous n’arrivions pas à nous entendre, affirme Dominique Martini, ancien président de la Banque Populaire du Massif Central qui prend la présidence du nouvel ensemble. C’est en intégrant dans la boucle Grenoble que le projet a commencé à prendre forme. Et ce, d’autant plus que l’organe central est venu me prendre ma directrice générale. C’est comme cela que nous est venu l’idée de subtiliser à l’organe central son directeur financier en la personne de Daniel Karyotis ! ».
Ce dernier a effectivement le profil idéal pour avoir dirigé par le passé la Banque Palatine, avoir déjà procédé au rapprochement de deux Caisses d’Epargne et avoir suffisamment d’expérience financière après avoir été directeur général en charge des finances au sein de BPCE.
La nouvelle entité, dénommée, Banque Populaire Auvergne Rhône Alpes, ou Aura, pour les intimes, regroupe un million de clients, dont 100.000 professionnels, 8.000 agriculteurs et 3.800 collaborateurs. Son PNB 2015 a atteint 735 millions d’euros avec 2,6 milliards d’euros de fonds propres et un total de bilan de 29 milliards d’euros. Soit la deuxième plus importante entité du groupe après la BRED. « Ce que nous voulons bâtir, c’est un établissement d’excellence sur chacun de ses métiers. Cette opération nous permet de changer de braquet et nous comptons bien en profiter », ajoute Daniel Karyotis. Pour l’heure, ce regroupement devrait se concrétiser par une réorganisation des métiers au sein des grands pôles. 210 à 240 postes au niveau des fonctions supports seront supprimés. 50% des coûts de fusion seront destinés à l’informatique, un retour sur investissement étant attendu d’ici à 3 ans.
« Il était impératif d’opérer un tel rapprochement », convient Dominique Martini qui reconnaît que le secteur bancaire vit des heures difficiles. S’il estime que cette réponse est offensive, elle est tout autant défensive compte tenu d’un contexte macro-économique mais aussi réglementaire et concurrentiel qui ne fait pas la part belle au milieu bancaire. « Les marges des banques sont définitivement appelées à se restreindre. Pas seulement en raison du contexte de taux bas, mais aussi en raison des nouvelles pratiques de clients et de l’arrivée de nouveaux acteurs. C’est tout le modèle bancaire qu’il faut repenser», convient Daniel Karyotis.
Ce regroupement devrait assurément donner des idées à d’autres banques du réseau Banque Populaire et Caisse d’Epargne, pour la plus grande satisfaction de François Pérol, le patron de l’Organe central qui milite depuis de nombreux mois en faveur de cette évolution. Celle-ci butte toutefois sur un problème récurrent : celui de l’humain. Car si les avantages économiques et financiers de ce type d’opération ne font aucun doute, surtout en ce moment, il achoppe la plupart du temps sur des questions de gouvernance, aucun des dirigeants en place ne voulant céder les futures manettes. Problème que l’on retrouve d’ailleurs au sein des autres groupes mutualistes qui ont donné à chaque antenne régionale une grande liberté et de très importants pouvoirs décisionnaires. Mais rester immobile en cette période difficile pour les banques laissera forcément des traces.
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